Dans les nouvelles tendances du VTT, pour la plupart des pratiques descendantes, l’idée de se faire une « bonne ligne » est un des fondamentaux de la pratique. Il n’est pas forcément très facile d’expliciter cette idée aux non-initiés, mais ces deux vidéos devraient, si vous avez besoin d’être éclairés, vous aider à y voir plus clair.

Se faire ou se taper une bonne ligne, n’est pas, autant clarifier les choses tout de suite, aligner sur une table en verre une  quelconque substance illicite qu’on aurait préalablement mis en ligne justement avec une carte de crédit, mais bien de  réaliser un beau « passage » abouti aussi bien techniquement qu’au niveau des sensations entre un point A et un point B.

Pour les passionnés d’enduro et de freeride, chacun a la liberté de choisir sa ligne ou son « segment » sur un de ses « single tracks ». En langage courant, vous connaissez un petit chemin descendant qui serpente au milieu de la guarigue provençale, vous fixez vous-même dans votre tête, une partie de ce chemin sur laquelle vous allez essayer d’être le plus fluide, le plus rapide et où vous allez tenter je ne sais quel geste technique pour passer au-dessus d’une dalle, ce sera peut-être un saut, ou plusieurs. Vous allez rebondir d’un appui à un autre, jouer avec les suspensions, gérer de belles accélérations ou de belles dérives (glissade d’une ou des deux roues) vous allez tenter aussi d’aller le plus vite possible. Vous êtes seul ou avec des potes, mais surtout vous êtes seul juge, face à vous même. L’idée principale reste le plaisir, la sensation, la satisfaction d’avoir réalisé un « beau » passage. « L’essentiel est de participer », mais pour une fois, c’est vrai

Ca peut aller plus loin, beaucoup plus loin, et c’est ce qui se passe dans ces deux vidéos. Les riders « shapent » leur propre ligne. Ils « fabriquent » leur piste. Dans les deux cas, on a affaire à du gros, voire à du « lourd » dans la première. On est entre le VTT et le meeting aérien. Le plaisir est là. Dans la vidéo ci-dessous, le challenge que s’étaient donné les riders était bien de réaliser une belle « ligne » dans un environnement d’exception. Dans ce cas, les îles Lofoten en Norvège. On est en plein dans le concept de la « mise en paysage » dont j’ai déjà parlé.

L’idée même de la « ligne » ou du »segment » est très révélateur des nouvelles motivations sportives, sujet abordé dans ce post que je vous invite à relire, et un des principale différence entre les nouvelles tendances du sport (que les fédérations traditionnelles n’arrivent pas à comprendre dans la majeure partie des cas) et le sport classique, normé ou chiffré, qui sans résultat, sans classement, est tout perdu…