Et si Kelly Slater avait quelque chose à nous dire sur le sport santé ?

9 Fév, 2022

Kelly Slater est sans doute le surfer le plus connu au monde. Il vient de remporter le Pipe Masters, l’une, sinon la compétition de surf la plus prestigieuse.

 

Il bat en finale Seth Moniz, brillant surfer hawaiien de 24 ans, vainqueur de John-John Florence, autre prodige du surf de 29 ans, au tour précédent. Il n’y a strictement aucun doute sur le niveau de la concurrence durant cette édition 2022. Kelly Slater aura 50 ans le 11 février prochain. Il aura remporté 8 fois, le Pipe Masters, la première fois ayant eu lieu en 1992.

Il y a toujours eu, et il y aura toujours des personnages d’exception dans le sport. Dans un univers proche, Robby Naish né en 1964, icône du windsurf, navigue encore à Hookipa ou à Jaws, deux spots très exigeants, balayés par des vagues immenses. Yohan Clarey, 41 ans, vient de remporter la médaille d’argent des Jeux olympiques de Pékin en ski de descente. On pourrait évidemment citer Zlatan Ibrahimovic dans le football ou Christiano Ronaldo qui ont prolongé leur carrière sans doute au prix d’une discipline de vie et de volume d’entraînement hors normes. Mais à 50 ans, Slater va encore plus loin.

Pendant très longtemps, le sport de compétition était réservé à une tranche d’âge bien déterminée. Dans l’absolu c’est toujours le cas, les qualités athlétiques diminuant avec l’âge. Slater bouscule ce postulat, démontre qu’une vie sportive est possible bien après la date de péremption assignée par la société. Mike Ho, qui tube lui aussi dans les vagues hawaiiennes à … 62 ans nous le confirme.

 

L’exemple de Slater doit nous motiver, nous inspirer, chacun à son niveau bien sûr. Le sport souffre d’un présupposé qui pèse sur les mentalités. Après un « certain âge », il faudrait « ralentir », se préserver, faire « attention ». Ce ne serait plus « possible », les « risques » seraient trop grands. Le système fait en partie perdurer cette mentalité, la plus grande partie des structures institutionnelles ne s’adresse pas ou peu, à ce qu’elle considère comme des vieux. Les mots ont une importance, en sport, on est considéré sénior, voire « vétéran » à … 30 ans. Difficile de débuter une pratique à 30 ans, très difficile de le faire à 40, il faut une chance inouïe pour pouvoir se lancer dans une nouvelle discipline à 50 ans. On oublie pourtant que la sédentarité tue.

Les tendances qui ont émergé à partir des années 70, surf, windsurf, mountain bike, grimpe, outdoor en général ont étendu le spectre de pratique, c’est un fait. Le marathon, le trail et l’ultra-trail ont permis à des sportifs « hors d’âge » de trouver un nouveau terrain d’expression. Sur les routes, chaque week-end on peut aussi constater que de nombreux cyclistes aux cheveux gris pédalent très fort. L’important n’est pas de faire une nation sportive comme l’évoquait récemment le gouvernement. L’essentiel serait de faire comprendre au plus grand nombre, quel que soit l’âge, que le sport est source d’équilibre, de bien-être, de plaisir, et que l’activité vous aide à prolonger vos capacités de vivre pleinement.

 

La « foule sentimentale » peut se mettre en mouvement, pour peu qu’on la fasse rêver.

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