Après avoir longtemps été annoncée comme « the next big thing », l’assistance électrique pour les vélos est enfin arrivée à maturité et il semble que ce soit dans le domaine du VTT qu’elle risque de mieux s’épanouir. La pratique du vélo tout terrain a en effet beaucoup d’atouts pour plaire, mais elle est physiquement très exigeante.

  • Dans ce contexte, l’assistance électrique facilite la pratique du VTT en gommant la principale difficulté
  • Elle permet aux personnes non entrainées de pratiquer, voire d’intégrer un  groupe plus habitué tout en prenant du plaisir.
  • En tourisme, les opportunités vont être très nombreuses

Le développement du VAE pose toutefois quelques questions pour les pratiquants habituels.

  • Ce n’est plus tout à fait du vélo. Mine de rien, ce n’est pas un détail
  • C’est plus cher à l’achat, ce sera plus cher à l’entretien, plus lourd aussi.
  • Le VTT électrique devrait même aboutir à un re-définition de la pratique pour une partie des passionnés. Entre VTT et moto « enduro ».
  • Personne n’aborde cette question (tabou ?) mais le VAE est l’avénement d’une pratique nécessitant de l’énergie fabriquée là où il n’y en avait pas besoin. A l’heure de la prise de conscience environnementale…
  • Attention. Dans le cadre d’une pratique plus engagée, l’assistance électrique ne fait pas de vous un pilote

Pour l’instant, le développement technique bat son plein. Les marques redoublent d’efforts pour proposer des modèles électriques.Voir par exemple le dernier modèle des anglais de chez Orange Bikes, signal fort qui prouve que même les marques « core » vont s’y mettre. L’intégration des composants est encore assez grossière, sauf chez Specialized qui utilise un moteur Brose intégré dans le cadre, mais ça progresse. Deux grosses marques de motorisation se partageaient le marché, jusqu’ici, Bosh et Yamaha, mais le géant Shimano arrive.

Sur le plan de la communication, et on en arrive au sujet du jour, c’est encore assez disparate et pour tout dire un peu déroutant. La marque Lapierre a présenté un très beau clip pour son Overvolt AM carbone, séquence très graphique, qui met en scène une pratique très enduro et…  descendante. Or ce n’est pas le point des VAE encore lourds et patauds en dénivelé négatif. Le géant Specialized a évidemment produit plusieurs films mais c’est un clip réalisé par le collectif canadien Coastal Crew qui a fait couler beaucoup d’encre sur les forums américains et canadiens. On y voit les riders sur un parcours de … Freeride. Comprenez descendant. On peut légitimement se poser des questions sur le but poursuivi par ces deux compagnies majeures. Les fabricants de ski ne cherchent pas à convaincre leur client que les peaux de phoques sont performantes en descente. Dans ce contexte l’approche de Bosh, principal fabricant de moteur, est intéressante, elle cerne les vrais enjeux nous semble t-il même si apparement elle n’a pas fait grand bruit.

L’extrait ci-dessus date de 2014, la série Uphill flow s’est depuis enrichie d’autres épisodes. Le sujet est tout simplement la « montée », la difficulté numéro 1 en VTT, le moment d’effort que « gomme » justement l’assistance électrique. Bosh ne se contente pas de cette simple constatation mais en profite pour en faire un moment positif, non pas seulement parce que l’effort a pratiquement disparu, mais pour ce qu’il va révéler comme challenge, technique nouvelle et source de plaisir en pilotage. Le VTT électrique peut-être beaucoup plus qu’un vélo d’assistés ou de faux sportifs. L’un des enjeux est là, notamment pour un fabricant de motorisation qui doit faire de l’image de marque pour exister par delà les marques de vélo qu’il équipe. L’idée de transformer ce qui était avant un « mauvais » moment en bon, est excellente. A ce détail près, nombreux sont les pratiquants de cross country à aimer ce challenge physique de la montée et qui fait, pour eux, le « sel » du vélo. On voit bien que le VAE participe bien d’un changement culturel dans le vélo dont l’imaginaire a été toujours basé sur l’effort et quelque part, la souffrance. C’est aussi un enjeu majeur parce qu’il montre que l’assistance électrique « élargit » la pratique, lui donne, c’est le cas de le dire un nouveau relief. Ca n’ira pas sans quelques contradictions.

En VTT, l’enduro est devenu la pratique à la mode, même si elle est encore très marginale. Or tout le monde n’est pas à l’aise avec la vitesse et les pratiques descendantes or c’est l’ADN de l’enduro. De plus, les vélos sont techniques donc plutôt haut de gamme donc couteux. Le VTT électrique n’a à priori rien pour faire véritablement rêver un pratiquant d’enduro si ce n’est la facilité qu’il apporte et qui séduira la frange de clientèle la moins jeune mais la plus CSP +. Avec son concept Uphill Flow, Bosh apporte une réelle valeur positive à la montée. Une vraie bonne idée à notre humble avis