Cauchemar pour les uns, évidence pour les autres, le surf connecté est un sujet sensible. Pour quelles raisons ?

Le surf n’est pas tout à fait un sport, il dépasse effectivement le cadre du sport tel qu’on l’entend habituellement.

Surfer une vague est une expérience particulière aiment à penser tous les passionnés et ils ont raison. Comme le soulignait habilement Joël de Rosnay, le surf fait partie de ces sports régit par des lois (de la nature) et non par des règles. A l’image de l’alpinisme, du ski freeride ou de la voile. Les hommes peuvent y ajouter des règles (du jeux), s’ils le souhaitent, mais l’essence même de la pratique lui confère une autre dimension.

Partant de là, ceux qui voient dans le surf une démarche existentielle, philosophique ont un peu tendance à voir leur vision comme référence indépassable, à s’imaginer proriétaires du surf, d’autres observateurs comme Christophe Guibert par exemple, invitent à prendre un peu de recul avec le storytelling.

Par ailleurs, il y a toujours l’éternel débat entre conservateurs et progressistes, tout se résume souvent à ça et pas uniquement dans le surf. Deux gros sujets bien clivants agiteront le surf dans les années à venir, les deux seront liés mais pas systématiquement. :

  • les vagues artificielles
  • le surf connecté

C’est sans doute le surf connecté qui sera le plus animé car il met justement en jeu, en opposition, le désir de conservatisme, la volonté que le surf en reste à ses racines, aux valeurs qu’on lui prête, et notamment une forme de retour aux sources, une authenticité, avec la modernité et ce qu’elle a de plus discutée par les temps qui courent, la connexion, la technologie, l’emprise, le monde marchand, les datas, etc… Pour le coup, force est de constater que le danger n’est pas virtuel. L’intégration du surf aux J.O (démonstration), sa « modernisation » pour ne pas dire sa globalisation, sa « normalisation » pourrait lui faire perdre une partie de ce qui fait sa spécificité mais tout ceci a été voulu, recherché par les majors du surf(wear). Dommage, car le développement (sous-entendu économique) d’un sport peut parfois, lui être dommageable.

Nous pourrions être tenté d’écrire que le débat n’a plus lieu d’être, qu’il dépasse celui des conservateurs et des progressistes, que tout ceci se limitera à un débat de génération. Les nouvelles générations biberonnés à la GoPro, aux jeux vidéos et au smartphone ne se poseront même pas les mêmes questions. A moins qu’ils finissent eux aussi par saturer, se détourner du digital partout tout le temps.

En tout état de cause, il existe déjà des capteurs de données qu’on peut fixer sur la planche, comme il en existe en ski, en VTT et dans d’autres disciplines mais les français de SLIDE-R ont conçu une planche connectée, différente de la vision de Samsung. Plus orienté analyse de la session, des mouvements. Beau projet séduisant mais qui n’a pas trouvé tout son financement.

Y aura t-il un strava du surf ?Le boulimie de données passera t-elle par les vagues ? Un peu tôt pour le dire. Difficile de prévoir l’adhésion à moyen terme ou de savoir si c’est la vision Samsung qui prendra le dessus.