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Sport outdoor : il y aura un après Covid 19

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La raison d’être de l’agence Codezero est de réfléchir au futur du sport et d’accompagner ses clients dans l’anticipation des évolutions des pratiques sportives. Notre ambition est d’imaginer le sport de demain, au sens qu’il peut porter, aux valeurs qu’il doit transmettre, à son utilité également. Au regard de ce qui se passe actuellement, parler sport peut sembler futile. Les impératifs de santé sont aujourd’hui la priorité absolue. Mais tout comme cette crise nous interroge sur nos modes de vie, elle va aussi nous amener à questionner la place du sport. Nous allons donc publier une série de réflexions sur ce thème.Franck Oddoux, spécialiste du trail, Insider Codezero depuis le début, ouvre le débat. Bien évidemment son invitation ne vaut pas pour la période de confinement qui débute, l’heure est à la responsabilité,, mais pour l’après. 

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Electrochoc

Les annulations en cascades des grands évènements sportifs laissent un grand vide. Ce que l’on a pris au départ pour un simple effet papillon est un vrai tsunami. La pandémie du Covid-19 impacte lourdement l’ensemble de nos sociétés et également nos pratiques sportives. Par Franck Oddoux/Test4outside

Les règles classiques des sports encadrés, de compétition, voire de masse, sont dynamitées. Devant les interdictions des rassemblements et le confinement, les sportifs alternent entre colère et résignation. Et si le Covid-19 était le meilleur ambassadeur de l’outdoor ? Et si on allait jouer dehors ? Et si on réinventait certaines règles autour de la notion de « off » ? Si on se retrouvait en bousculant la notion de compétition traditionnelle autour de pratiques sportives abordées différemment ?

Cette vision obligée de nos sports ne sera jamais un mouvement de masse, une fois la situation revenue à la normale, on retournera aux codes de la compétition. Mais à la marge, certains vont conserver le goût de l’outdoor et il faudra compter avec leur pratique qui aura radicalement changée.

Dystopie sportive

Comme un parfum de fin du monde ou de mauvaise série dystopique Netflix… Le monde du sport vit au rythme des annulations ou des reports d’épreuves : coupe du monde de ski, matchs de foot et même l’éventualité d’un report des JO de Tokyo à 2021… Sports indoor ou outdoor, tous sont impactés. Une situation incroyable que personne n’aurait imaginé il y a seulement quelques semaines. Alors que l’on vient de passer du stade d’épidémie à pandémie, les précautions sanitaires imposent une vision radicalement revisitée de nos pratiques sportives. Et si l’épisode Covid19 annonçait une saison 2 pleine de créativité, de rebondissements, de grands espaces, d’efforts pleine nature à plein poumons ? Une analyse/prospective en forme de vœux pieux ?

A l’instant où l’on écrit ces lignes, face aux nouvelles règles limitant les rassemblements, les réactions sur les réseaux sociaux sont parfois disproportionnées, comme si l’annulation d’une épreuve sportive ou les simples principes de précaution signaient la fin du monde. Ça ne reste pourtant que du sport et la planète devrait continuer à tourner même si le Marathon de Paris, le Marathon des Sables et la plupart des épreuves de masse sont reportées ou annulées et certains matchs se disputent désormais à huis-clos.

Simple supposition : si les réactions sont si épidermiques et les critiques si vives vis-à-vis des organisateurs et des pouvoirs publics c’est que ces pratiquants ont réellement besoin de ces grand-messes sportives pour exister. Le magnétisme du dossard n’a jamais été si puissant, avec en filigrane cette question éternelle : fait-on du sport pour se réaliser ou pour se différencier par la performance ? La ligne de départ, le classement, le podium sont paradoxalement des valeurs cardinales alors que certaines marques vantent à rebours un marketing zende l’instant présent et du bonheur d’évoluer dans un espace naturel où le corps (et l’esprit) se ressource. New Balance a longtemps joué sur cette corde sensible avec son coureur fétiche voire christique : Anton Krupicka. Un soul coureur instinctif plutôt qu’un athlète nourri aux séances chronométrées.

Course vs liberté

Or, avec la crise du Covid19, le calendrier des grands rendez-vous se trouve dévasté. On peut y voir une chance unique de redécouvrir ou de réinventer les pratiques outdoor. Il va d’abord falloir rester confiné. Mais après ? Les sports en salle vous apparaissent comme des lieux à risque ? les courses de masse sont annulées ? Allons jouer dehors !. Certains ont flairé tout le bénéfice qu’ils pouvaient tirer de cette situation inattendue en dissipant le léger vertige de la liberté : il suffit d’inventer ses sorties, de définir les propres règles afin d’aborder différemment ses pratiques sportives.

Le champ des possibles est quasi infini : nage en eau vive, trail running en freeride, vélo sans peloton, en mode exploratoire ou pas, avec un chronomètre ou pas… Mais dans tous les cas en échappant finalement à la sainte trinité : dossard, résultat, podium. C’est l’éclosion du « off », un étrange vocable qui n’aurait jamais dû disparaitre du paysage sportif, qui veut dire : je fais ce que je veux, où je veux en ré-inventant ou retrouvant ce qui fait le sel de la pratique sportive.

Ce glissement va sans doute s’opérer à la marge, dans l’esprit de certains sportifs. On va donc voir une majorité de gens déboussolés (par les annulations des grands rendez-vous) et d’autres prêts à l’exploration hors des formats très calibrés pour un outdoor créatif, en gratuité. La notion de « classement » n’est plus cardinale car dans l’optique du « off » en plein air, il ne s’agit plus d’épingler un dossard pour fouler un parcours balisé ou se conformer à des règles du jeu calibrées (combien de marathons sont ennuyeux à mourir ?).

La performance devient alors toute relative si l’on ne porte plus de dossard et que les lignes de départ et d’arrivée sont des notions floues (comme le chronomètre). La pertinence de l’instant sportif, le bien être, le partage en petit comité, l’éloignement du monde sont subitement réactivés ; ces valeurs que le sport de compétition a tendance, parfois, à oublier.

On ajoutera que la réactivation de la beauté du milieu naturel est également un passage obligé. On va réapprendre à lever la tête pour se dépenser dans des environnements qui font tout à la fois plaisir à l’œil et au corps : ressourcement ? De quoi faire mentir un chiffre étonnant, extrait de la vaste étude Strava « Why we run » sur la pratique de la course à pied portant sur 25 000 personnes interrogées : ce qu’elles préfèrent, à 63%, c’est que la séance se termine ! Résultat étrange, il nous semblait que lorsqu’une chose est bonne, on n’espère pas sa fin…

Inventer l’après Covid

Débarrassés de l’idée de performance, de classement, de confrontation, les néo sportifs de l’ère Covid-19 vont faire mentir ce pourcentage : ils vont plutôt aimer ce qui se passe pendant la course car elle aura des accents libertaires et non pas de supplice de Tantale. L’expérience de l’instant, le plaisir, le geste, la kinesthésie dans un espace sans bordures, la gratuité de l’effort seront également conjugués à des degrés divers. Bien sûr, certains vont regretter de ne pas pouvoir exhiber sur les réseaux sociaux une médaille de finisher, moyen de reconnaissance sociale en vogue : le résultat et donc les podiums ne font plus parti du spectre de la nouvelle approche.

L’absence de mise en scène sociale est alors largement compensée par le bonheur du jeu, en étant bien plus qu’un exercice physique. L’activité sportive peut se redéfinir comme voyage, comme libre circulation dans l’espace et un peu moins comme obligation fitness (ma montre indique que je brûle des calories, donc « je suis ») ou trophée social qui s’étale sur les réseaux via les classements.

Le Covid-19 est une occasion de s’extraire de la structure, on n’a pas dit « la Matrice » au sens où l’entendent Lana et Lilly Wachowski, les réalisatrices du film mythique. Il ne faut pas y voir une démarche contestataire mais une simple adaptation à la situation mondiale qui nécessite de revoir, aussi, nos pratiques sportives. Revirement historique, il devient presque de salubrité publique de délaisser momentanément les espaces clos, les gymnases, les piscines, les stades, les salles de fitness, en s’affranchissant des groupes. Ceci, pour aller voir ailleurs ou différemment, en mode free-ride. Prenons la porte.

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