« LAISSEZ TOMBER VOS ENFANTS ». TEL EST LE CONSEIL DE LA FEDERATION FRANÇAISE DE CARDIOLOGIE. VOICI POURQUOI

Mars 2017. La fédération française de cardiologie dégaine à la fois un clip renversant et des chiffres accablants. La capacité cardiovasculaire des enfants aurait perdu 25% en 40 ans. On constate, poursuit la FFC, une augmentation de l’inactivité physique et du temps passé assis dans le mode de vie actuel des enfants et des adolescents. Ils participent grandement à la progression inquiétante du surpoids et de l’obésité qui touche les jeunes. Ce surpoids associé à la sédentarité explique la réduction de la capacité physique.

Chez Influencia on précise : « les 5-17 ans bougent de moins en moins et passent plus de temps assis, dans les transports motorisés et devant les écrans… Un résultat largement corroboré par Junior Connect’ 2017 (étude Ipsos de référence sur les jeunes et les médias) selon laquelle les 1-6 ans passent en moyenne 4h37 sur internet par semaine (contre 2h10 en 2012). Ce chiffre monte à 6h10 pour les 7-12 ans, et 15h11 pour les 13-19 ans. Résultat, depuis 40 ans en France, les enfants ont perdu près de 25% de leur capacité cardio-vasculaire. Cela se traduit sur leur endurance qui a fortement diminué : les enfants courent aujourd’hui moins vite et moins longtemps qu’avant. »

En cause, la volonté toujours plus grandes des parents de protéger et de surprotéger leurs enfants, le poids d’une société de la précaution, des responsabilités juridiques qui poussent les décideurs et autres aménageurs à interdire plutôt qu’à courir le risque d’être « responsables », et enfin c’est notre avis, une culture sportive française qui a besoin d’être renouvelée et une politique publique, notamment d’aménagement du territoire et spécifiquement des villes, qui doit intégrer cet enjeu. Passons au deuxième extrait vidéo pour mieux comprendre.

C’est Patrick Roult, directeur du haut niveau à l’INSEP, mais également ancien skateur, avec qui nous échangeons régulièrement qui a attiré notre attention sur cet extrait. Que dit-il ? Tout ce qui est visible dans cette vidéo, tout ce que ces enfants et ces jeunes gens font en ville, est interdit. C’est vrai.

Le sport, mais surtout le jeu, y compris pour les enfants, est interdit en ville. Si l’interdit n’est pas formalisé, il existe dans les faits. Comment reprocher alors aux enfants de passer du temps sur les consoles ou les écrans ?

Pour tout vous dire, le sujet a été abordé dans nos discussions autour de la conférence parisienne sur la mobilité de demain. Notre propos était de dire, nous avions publié un sujet en ce sens dès 2014, que les nouvelles tendances sportives – il s’agissait de skate – peuvent avoir un rôle à jouer en ville, à minima une place à prendre, à condition que la politique publique s’empare de ce sujet. On parle bien d’aménagement du territoire.

Le débat sur les nouvelles formes de mobilité nous a fait réfléchir sur la ville. Du Sport au Trans-Sport comme l’avance par François Belanger de Transit City. Or, aujourd’hui et depuis longtemps, la ville est faite pour le piéton et l’automobiliste. Elle devra évoluer afin de s’adapter aux enjeux de demain, à savoir les nouvelles formes de mobilité, notamment électrique, en reprenant sur l’espace alloué jusqu’ici aux voitures.

Les enjeux. Un « commuting » plus responsable, plus efficace, adapté aux nouveaux paramètres du travail, la santé également. Celles des adultes en les incitant à des déplacements « actifs », et en adaptant la ville à cet effet, la santé « physique » des enfants, on serait tenter d’élargir ça à leur équilibre, leur développement personnel, en leur offrant de nouveau non pas des espaces dédiés dans lesquels on enferme leur pratique sportive dans des boites pratiques mais limitatives, mais en leur organisant une ville dans laquelle tout ne soit pas interdit. Offrons leur de l’autonomie au lieu de leur imposer de la discipline. 

 

LA VILLE DOIT DEVENIR LE STADE, REDEVENIR L’AIRE DE JEUX

Ce sont aussi les mentalités qu’il faut changer. Et ne pas systématiquement lier – c’est malheureusement le cas depuis quelques mois – le développement du sport à Paris 2024. Félicitons nous d’accueillir ce très bel événement, n’enfermons pas tout le sport dans cette conception insuffisante aujourd’hui et limitée.

Lisez bien les sous-titres de la vidéo Nike, n’oubliez pas les raisons qui ont fait émergé le running, la contre-culture initiale du surf, l’émergence de la grimpe, les raisons aujourd’hui du succès du Crossfit ou du Tricking.

Oublions un peu Coubertin…. Il est largement temps de redéfinir ce qu’est le sport si on veut le projeter dans de nouveaux espaces et le rendre plus attrayant, moins excluant.