La performance de demain sera d’être en équilibre avec le monde

2 Mar. 2020 | Analyses VISION, Bien-être & yoga, Environnement

Les analyses VISION sont des réflexions approfondies sur les évolutions des pratiques sportives. Elles sont le fruit du travail de recherche de Codezero, de notre expérience, des échanges quotidiens avec les acteurs économiques du sport, qu’ils soient universitaires, sociologues, journalistes, cadres ou dirigeants d’entreprises. 

Ces analyses sont destinées aux acteurs du sport et du tourisme qui souhaitent être inspirés régulièrement sur des sujets liés à la prospective et à l’innovation au sens large. En plus de ces analyses, nous sommes aussi en mesure de vous livrer des dossiers prospectifs sur des thèmes que nous définissons ensemble.

Nos analyses et nos dossiers prospectifs balayent de nombreuses thématiques et forment un ensemble documentaire cohérent. Ils sont réservés à nos abonnnés ; cette analyse est exceptionnellement accessible gratuitement. 

 Il y a plusieurs axes dans la réflexion suivante et celle-ci prend place dans une série d’analyses sur le sujet :

  • Dans un monde à repenser que pouvons-nous faire du concept de performance ?

  • Que pouvons-nous imaginer pour ne pas être sans cesse sous la pression du « plus haut, plus loin, plus fort » sympathique devise liée au progrès, finalement dans la droite ligne d’une croissance infinie dont on voit bien les limites et les effets collatéraux en économie.

  • Qu’y a-t-il après les « records » ?

  • Le sport peut-il à l’avenir se nourrir davantage de valeurs que de chiffres ?

Nous en appelons parfois à la sociologie, et soyons fous à la philosophie, nous gardons toutefois les pieds sur terre, nous avançons des hypothèses rationnelles. Nous pensons qu’il est nécessaire de :

  • Mettre en avant le côté expérientiel du sport (existentiel, émotionnel).
  • Dire que le sport n’a pas forcément besoin de « performance » pour être vécu, parce qu’il va bien au-delà du résultat qui s’affiche sur un classement.
  • De promouvoir le sport comme vecteur d’équilbre personnel.

Ce qui caractérise certains courants sportifs, et ce film avec la surfeuse Honolua Blomfield en est un exemple, c’est la recherche d’une sorte de relation au monde qui ne soit pas que la consommation de l’instant. 

Nous pensons que c’est un des ressorts du sport depuis déjà un moment et que ce courant doit prendre de l’importance. C’est ici que la pensée des intellectuels est intéressante et enrichissante parce qu’elle en appelle à la réalité de nos vies et de nos besoins réels.

Boris Cyrulnik ou Michel Serres on dit des choses sur le sport qui sont plus utiles pour la pratique du plus grand nombre que n’importe quel champion olympique. C’est la raison pour laquelle, ils nous aident à imaginer ce que seront les pratiques de demain. 

Voici quelques pistes

Ralentir

Le besoin de ralentir est avéré. Des études pointent cette impérieuse nécessité chez une partie de la population. On parle alors de postures conservatrices ou collectives, sans que les deux soient forcément liées, sans que ce soit péjoratif non plus. La vitesse n’est pas une fin en soi, dans ce monde qui est le nôtre et qui se pose en fait des questions essentielles sur le sens réel du « progrès ». La vitesse longtemps associée à la modernité pourrait devenir relative. Ralentir donc. Certains sports sont capables d’associer lenteur et intensité. C’est le cas ici.

Ressentir

L’image de la surfeuse, ou du grimpeur face à l’élément permet d’imager beaucoup plus efficacement la notion du ressenti. A bien y réfléchir, si c’est magnifiquement illustré ici, le cycliste peut conjuguer un rapport similaire au vent, à la route, aux paysages qu’il traverse. Olivier Haralambon en a magnifiquement parlé. Le skateur s’engage lui aussi dans un rapport étroit et sensoriel avec les matières et les sons de la ville. Faire du sport c’est ressentir autant que « réaliser ». L’un ne peut pas aller sans l’autre. Pourtant le traitement médiatique du sport est à 80% sur le « réalisé ».

Résonner

Impossible de ne pas citer à nouveau Harmut Rosa. Cet homme nous invite à prendre du recul avec la vitesse et à ressentir le monde autrement. Son concept de résonance est une leçon simple de vie, un concept qui va très bien avec le sport, le corps et le ressenti et ce que ce film montre à son début. Se détacher de la notion de performance absolue qui nous gangrène parce qu’elle est dominante. La performance de demain sera d’être en équilibre avec le monde. D’ailleurs nous avons classé cette analyse dans la catégorie « Bien-être & Yoga » pour la pratique et « Environnement » comme thème de réflexion. Parler juste de « glisse » serait limité. Là aussi, il y aura matière à développer. L’extrême ou l’adrénaline sont des raccourcis funestes.

 

  Comment se saisir de cette notion ?

Le film est centré sur le surf, mais comme nous l’évoquons la performance de demain s’applique à toutes les disciplines sportives ou presque. Les exemples ne manquent pas ; les pratiques émergentes comme le Yoga ou la Callisthènie en sont la représentation concrète.

En 2020, les acteurs économiques du sport doivent se poser la question pour savoir si leurs « propositions de valeur » (offre, services, marques) intègrent, d’une manière ou d’une autre, cette tendance sociétale profonde.

Quelles sont les marques dans votre portfolio qui intègrent ces valeurs ? Incarnent-elles avec authenticité le « ressenti » et la « résonance » ?  Si oui, comment ?

Comment puis-je véhiculer cette notion de nouvelle performance dans mes projets d’innovation ?

 

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