Quel rôle voulons-nous donner au sport demain ?

7 Jan. 2022 | Prospective

L’idée de “nation sportive” récemment mise en avant par le gouvernement nous est étrangère. Elle est très liée à l’horizon des Jeux olympiques de Paris 2024, et cette conception est bien trop restrictive pour espérer entrainer celles et ceux qui sont loin du sport, pour de multiples raisons.

Qui plus est, nous sommes intimement persuadés que le haut niveau n’est pas le levier qui sera efficace. Le haut niveau est au sport, ce que la théorie du ruissellement est à l’économie. Une sorte de leurre. Nous pourrions être plus nuancés sur le courant qui consiste à dire qu’il faut “rénover” le sport, mais du reste, nous pensons que le sport se rénove très bien tout seul. Depuis le début des années 70 en fin de compte sous l’influence des évolutions sociétales. L’émergence de la grimpe, du surf, su skate, de la planche à voile, du vélo tout-terrain, du BMX (on pense à l’explosion des pumptracks aujourd’hui), un plus tard le développement du fitness, les tendances comme le crossfit, le triathlon, le swimrun, le renouveau du yoga (et la liste est non-exhaustive), tout ceci montre que le sport est en évolution perpétuelle. C’est tout le problème des fédérations qui ont globalement manqué voir ignoré ces vagues d’innovation. Ce que nous ont appris toutes ces mouvances, c’est le jeu, le plaisir, la sensation, l’envie, davantage que les règles où la compétition, même si il ne s’agit pas de les rejeter aveuglément.

Par contre, faire comprendre au plus grand nombre combien le mouvement, le jeu et l’extérieur peuvent améliorer leur vie, celles de leurs parents et celles de leurs enfants nous passionne. C’est la raison d’être de l’agence Codezero.

Dans ce but, nous menons depuis des années un travail de veille permanente, approfondie, nous nous documentons sans cesse, nous échangeons, nous confrontons nos avis, nos intuitions, nous publions nos réflexions. Le corps qui stimule la pensée (cognition incarnée), le jeu qui construit le cerveau, les véritables bienfaits de la nature, ne sont pas des concepts qu’on trouve dans la presse sportive, mais dans d’autres sources qui dessinent ce que pourrait être un concept de sport-santé à condition que ce dernier ne soit pas moraliste.

Il faudra injecter du rêve et du désir pour mettre en mouvement, ne serait-ce qu’un peu, et chacun à sa façon, le plus grand nombre. On pourra efficacement lutter contre les côtés sombres de l’accélération sociale, chère à Harmut Rosa ou de la vie liquide de Zygmunt Bauman, diminuer le stress, le manque de sommeil ou la fatigue, non pas avec un discours d’institution, de médecin, de thérapeute ou de coach en développement personnel, mais en véhiculant de l’envie.

En éduquant également. Nos sociétés modernes nous ont fait oublier la planète et notre propre nature. En reconstruisant un lien avec nous-mêmes, nous redimensionnerons notre lien à notre environnement. Le coach sportif de demain sera autant un kinésithérapeute, un nutritionniste, qu’un “entraîneur”. D’ailleurs, il faudra sans doute prendre ses distances avec le mot “entraînement”.

Commençons par changer les mots pour changer le sport. À la fin nous serons peut-être une “nation sportive” d’ailleurs, on peut même le souhaiter.

Thierry Seray, co-fondateur de l’agence Codezero

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