La ministre des transports vient de présenter un plan vélo. « Il faut cesser de regarder le vélo avec condescendance, en considérant que c’est un sujet mineur » déclare t-elle. C’est vrai. Mais la volonté d’Élisabeth Borne est de le faire accepter comme moyen de transport. A nos yeux, le risque est de le banaliser. Le vélo mérite une vaste réflexion, transversale.

Quel est le rapport que l’on entretient avec lui, en tant qu’objet, en tant que jouet, en tant que sport, en tant que moyen de transport, et on l’espère dans l’avenir du Trans-Sport, et ce tout au long de notre vie ? A fortiori, à l’heure où l’on parle de la ville de demain, plus humaine, moins mécanisée, moins dévorée par la voiture, à l’époque où les questions environnementales deviennent incontournables. Il faut aussi injecter du désir pour le faire mieux accepter.

Le vélo, objet épuré, mécaniquement simple, facile à fabriquer, durable, efficient, accessible, universel, meilleur ami de l’homme (et de la femme…) n’a finalement jamais été si moderne.

La façon d’appréhender le vélo varie d’un pays à un autre. C’est la culture de chaque pays qui prévaut et c’est toute la différence. En France, le vélo est une passion très influencée par la «route» et le tour de France. Très longtemps, le beau vélo, le vélo qui faisait rêver était un vélo «de course». Le terme est même devenu générique. Cadre fin et élégant, boyaux, guidon ad-hoc. Les pays nordiques ont un rapport au vélo différent du nôtre, chez eux, c’est aussi un moyen de se déplacer tout à fait naturel. On pense à Amsterdam ou Coppenhague où les enfants, les femmes bien habillées et les hommes se déplacent en vélo.

Les américains, les californiens en particulier, ont souvent vu le vélo comme un jouet. Ce qui leur a permis d’imaginer le cruiser (un vélo cool pour la plage), le mountain bike (à l’origine un cruiser détourné), le BMX (qui était une façon de mettre le moto-cross a portée des enfants). En résumé, la culture californienne a influencé positivement la façon de pratiquer le vélo.

Ce qui est certain, et commun à la plupart d’entre nous, c’est que le vélo accompagne nos vies. C’est un moyen grâce auquel on élargit son horizon, dès l’enfance. Un « élément » qui se transmet de génération en génération. On apprend aux enfants à marcher, puis un jour à faire du vélo. La symbolique de l’équilibre maîtrisé est même un moment clé dans l’enfance. Le vélo est un objet avec lequel on va plus loin, avec lequel on se déplace et on « joue ». Le vélo est un jouet et un univers avant d’être un sport. C’est un peu ce que reflète ce film, très allégorique.

Il est fort peu probable que les réalisateurs du clip de la fédération française de cardiologie aient vu le film de Diamond Back. Pourtant, le parallèle entre certaines images est troublant. Laissez tomber vos enfants, c’est bon pour eux, leur corps mais aussi leur esprit.

L’assistance électrique va bouleverser l’utilisation du vélo en le désarrimant de cette culture de l’effort dont parfois il peut se passer. Il y a encore du chemin à faire pour ré-enchanter le vélo que les enfants abandonnent trop vite le plus souvent, à fortiori parce que les interdit pleuvent et que les règlementations s’étendent. Après un certain âge, variable, le vélo se désenchante. Demain, le vélo va de nouveau conquérir nos villes, on peut l’espérer. L’idée, le propos de ces quelques lignes, en parallèle avec celle sur l’innovation, c’est de regarder à nouveau avec nos yeux d’enfants cet objet simple et fabuleux à la fois, qu’il soit électrique ou pas.

Le vélo est aussi le véhicule d’une culture…. A chacun son vélo et sa façon d’en faire….

Le vélo est un jouet, un jouet pour grand aussi. Il faut injecter du désir dans le vélo pour le « vendre »

Ce qui nous plait dans cette vidéo, c’est la dimension du jeu, cette façon d’associer vélo et plaisir, cette culture on ne s’en cache pas, très hédoniste du deux roues. Ce fil produit par Diamond Back marque californienne qui par ailleurs s’investi aussi dans la recherche et le développement au travers des ces modèles de triathlon, traduit bien cette esprit « cool », que l’on ne privilégie pas assez en France au profit d’une vision très sportive y compris dans le VTT ou au travers du cross country la vertu est encore de pédaler sans relâche.

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