Une des fonctions de Codezero est d’interroger, de questionner. De ne pas s’en tenir qu’aux recettes toutes faites. Nous publions régulièrement des notes sur la nature même du sport, affirmons que le sport va bien au delà du résultat, que les mouvances comme l’outdoor et la glisse répondent à ce besoin de sens nouveau. Le think tank Codezero est également né de cette envie irrépressible d’aller plus loin, de réunir des hommes, des femmes et des énergies; de lancer des discussions et des idées, de permettre d’autres expressions. Monter un think tank n’est pas chose aisée, d’autant que nous sommes ambitieux mais nous avançons patiemment. Dans le groupe des Insiders, c’est Luc Bouvier qui a ouvert la voie avec son excellent sujet sur le flow. L’autre nuit, il a eu une autre fulgurance. Elle rejoint ce que nous disons à propos du sport, de la créativité et de l’art. Merci à lui

Thierry Seray

La glisse aurait- elle pu atteindre une telle créativité sans l’image et son appareillage ?

Y a-t- il apogée à la connaissance du flow ? L’équilibre en mouvement ?

La voilà la substance selon moi de ce sujet, et par là-même de Codezero. Ce que l’on recherche, que l’on approche grâce aux sports de nature, de pleine nature, avec la glisse également, on le sait, tend à l’art. Le frôle. Et ces pratiques passionnent car elles permettent l’interrogation. Inexorablement nous interrogeons dans ces lignes. Nous-mêmes, vous lecteurs. Nous interrogeons dans ces lignes, dans nos lignes, celles du dehors. Les mots aussi glissent et par des inconsciences linguistiques heureuses mettent en relation. Nos quêtes personnelles de soi, de notre inscription dans la nature physique et notre rapport humain donc artistique et amoureux avec « l’endroit ».

Tels sont ces skaters sur des plages scandinaves englacées. Féerie enfantine. Des sauteurs en longueurs ne peuvent changer ainsi de scène de pratique, réinterpréter des mouvements… Les nouvelles tendances du sport « autorisent » au contraire.

« Ce qu’il y a de plus réel pour moi sont les illusions que je crée avec ma peinture. Le reste est un sable mouvant » ainsi s’exprimait Eugène Delacroix.

Façonner une rampe en sable, l’âpreté arctique aide à la consolider un temps. Un temps de labeur, un temps de partage et de jeu puis zéro trace, engloutie la courbe. « si on faisait ça ?, du skate sur une plage ».  Interrogation et défi. Mobiliser le sable pour cette illusion nordique. Parvenir à montrer la paix de l’instant est ce qui plait tant dans ces productions.

Dans le post « La vision du sport date du 19 ème siècle, changeons là », nous écrivions ceci :

« Le sport n’est plus ce qu’il était. En le concevant comme un élément de développement personnel, en le replaçant dans le champ artistique, on le sort du strict domaine de la performance comparée donc de la rivalité. On l’extrait aussi de l’influence commerciale. Il devient facteur de bien être, champ créatif, on en fait aussi une activité « intellectuelle ». Ce n’est pas un gros mot, c’est d’une certaine manière moins excluant et ça ouvre beaucoup de perspectives. »

C’est dans ce sens qu’il faut lire cette note de Luc.