Chacun a sa propre représentation de la voile. Elle est directement fonction de votre culture, de votre vécu personnel, elle dépend aussi de l’image qu’en véhiculent les différentes médias au sens large du terme. Nous avons en France une vision particulière de la voile dont nous n’avons pas à rougir puisque les anglo-saxons, qui n’ont pas du tout la même, en arrivent à nous l’envier parfois comme en témoigne un des derniers éditos de Sailing Anarchy.

On peut tout de même regretter que notre culture de la régate, donc du résultat normé, chiffré, masque trop ce qui se vit à bord. Pour avoir souvent été embarqué en régate (voile classique, Wally, Orma 60, Imoca, IRC, maxi-yachts) pour les prises de vue, pour avoir passé des jours et des jours sur des plans d’eau lors de grands événements, nous avons vécu des sensations qu’aucun classement ne peut traduire : la distribution des rôles, le travail d’équipe, le travail physique, l’aspect stratégique, la lutte avec le vent, ces moments de tension inouïe lors d’un départ en flotte, l’engagement à la première bouée, ces instants d’absolu aussi quand vous croisez un 100 pieds surtoilé lancé comme un magnifique obus. Rien de cela ne transparait dans un classement. C’est pourtant ce que la voile a de meilleur à offrir, c’est pourtant ces valeurs là que les publicitaires viennent chercher.

Ce film tourné aux voiles de Saint Barth traduit assez bien ce que l’on ressent à bord d’un voilier de course et c’est là sa qualité. Film signé Martin Keruzoré & Théo Reynal, additional footages : Sea Events, vignette photo en homepage du blog : thierryseray.com