L’histoire du surf s’est majoritairement écrite sous des latitudes très favorables et dans les eaux transparentes d’îles qu’on dépeignait comme paradisiaques, suite logique finalement de l’influence de la culture Tiki dans l’Amérique des années 60. « Life is better in boarshort » comme le disait récemment une marque de surfwear désireux de consolider le mythe. L’héritage de tout ça, digéré par le marketing, étant si on veut bien l’admettre une « philosophie » qui vous prémunit de toute surcharge intellectuelle.

Le surf se découvre aujourd’hui une autre identité. L’Europe, en se révélant comme une terre de surf, ne se contente plus de singer les clichés. Les acteurs (surfers, réalisateurs, photographes, et même marques) réécrivent l’histoire en se nourrissant de leur propre expérience, de leur réalité, fondamentalement différente. Les anglais de Finisterre ont intelligemment décrété le surf en eau froide comme pratique (et univers) à part entière. Si Jaws ou Maverick font toujours partie des mythes du surf vu comme un « village » global », le point G du big wave riding s’est déplacé entre le Portugal et l’Irlande. C’est l’image même du surf qui se modifie, sous l’influence d’un nouveau continent.

Les européens apprennent à assumer leurs vagues et leur culture, forcément divergente de l’exemple polynésien. Les réalisateurs et autres fabricants d’images usent alors d’un autre imaginaire, développent d’autres récits, se basent sur une esthétique nouvelle. On pense d’abord à Mickey Smith avec son très personnel Dark Side Of The Lens ou comme ici, à l’anglais Chris Case et son approche sans compromis avec ce film Reiki. On vous conseille aussi de visionner The Strand Line, peut-être un peu moins « sombre »….

C’est du surf mais ce n’est plus tout à fait la même chose. Ou alors, c’est plus en phase avec l’esprit longboard ou l’univers d’Alex Knost que sur surf business version Kelly et l’ASP. Choisis ton camp camarade…