Le surf et ce qui reste de la contre-culture

24 Mar. 2014 | Glisse

Special K & The Sea Badgers – Sea Movies from www.KORDUROY.tv on Vimeo.

Il m’arrive parfois de faire « remonter » des posts publiés dans les premiers temps de codezero, parce que l’enchainement des sujets les replace dans l’actualité du blog. C’est le cas avec celui-ci.

Le surf a beau être un sport plus « libre » qu’un autre, dans le sens où sa pratique n’implique pas un terrain avec des dimensions données et des règles strictes et ceci est un exemple parmi d’autres, le surf disais-je donc produit malgré tout du « format ».

Je m’explique : les tendances les plus marquées génèrent de l’influence. La compétition notamment puisqu’elle est médiatisée. Les coureurs exploitent un type de matériel que beaucoup de jeunes passionnés vont désirer utiliser et que les marques se proposent de leur vendre. Les riders connus et sponsorisés vont produire un « exemple », auquel s’identifier. Le style de Martin Potter a sans doute donné des idées à pas mal de gamins dans les années 80, tandis que l’influence de Kelly Slater (et de son shaper Al Merrick) plus tard est également indéniable.

La partie la plus médiatisée va donc avoir sur le sport un plus grand poids, un effet plus marqué, c’est en ce sens qu’elle « formate » le plus grand nombre et c’est précisément l’effet recherchée par les marques. Ce n’est pas une critique, c’est un constat et ce qui est vrai pour le surf s’est également vérifié en windsurf et aujourd’hui en kite. Ou dans la mode…

Le mécanisme a des aspects positifs, on peut également constater quelques effets pervers. En windsurf notamment, la matériel a été développé principalement par des coureurs ce qui a eu pour effet de mettre à disposition des eiders du matériel en constante progression, mais en générant une vision et pratique élitiste. Beaucoup de pratiquants ont décroché au fil des années. Le windsurf est aujourd’hui un sport fabuleux mais confidentiel.

En kite, par ailleurs, le freestyle à longtemps été le maître étalon de l’image, du développement produit. Or peu de riders font veritablement du « freestyle ». Heureusement, d’autres nouvelles tendances se développent en kite comme le surf strapless, mais le kitesurf devrait aussi accepter d’être un moyen juste sublime d’aller sur l’eau et ne pas véhiculer qu’une image d’un sport exigeant. En communicant aussi sur sa simplicité, le kitesurf y gagnerait.

Revenons au surf : l’intérêt de la vidéo qui suit est qu’elle est justement hors des grands courants. Alex Knost, considéré comme un des longboardeurs les plus stylés au monde, avec Joël Tudor, est justement un surfer « hors normes » au sens littéral du terme. Cette vidéo également. Elle est de toute beauté et elle nous ramène à une vision différente du surf. Moins agressive, moins acharnée, moins radicale mais plus stylée.

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