Le sport, cette manière d’exister

1 Avr. 2021 | Environnement, Glisse

La société se pose beaucoup de questions sur elle-même, c’est d’ailleurs un des rôles, sinon le, de la philosophie. L’évolution de nos modes de vie, l’accélération sociale, la prise de conscience des dégâts causés à l’environnement, la crise du Covid, mondiale, nous ont amenés à réfléchir sur nous-mêmes, nos désirs, nos devoirs, nos relations, nos trajectoires et leur sens.

Si l’on reprend certaines accroches de couverture, du (très bon) mensuel Philosophie Magazine, on peut lire :

  • À quelle vitesse voulons-nous vivre ? (juin 2018)
  • L’instant présent (été 2016)
  • Que faire de nos émotions (septembre 2019)
  • Comment ne pas passer à côté de sa vie ? (été 2015)
  • Peut-on choisir ses désirs ? (mars 2016)
  • Le goût de la vie (juillet 2020)
  • Comment avoir confiance (septembre 2020)
  • Quand est-on soi-même (été 2019)

Le sport qui fait pourtant partie intégrante de nos vies, nous avons cette immense chance, ce luxe, surtout en occident, se pose rarement le même type de question. Pour tout dire, il évite d’en poser, renonce souvent à toute remise en cause et reste arrimé à des considérations très terre à terre comme si “penser” n’était pas au programme.

Pourtant, les deux très belles collections de livres, éditées par INSEP/Le Pommier et INSEP/Robert Laffont sont passionnantes et soulèvent des vraies questions, proposent une autre approche. Les titres parlent d’eux-mêmes, les livres renouvellent la façon de “penser” le sport.

Le sport est une manière de nous connaître, de nous confronter à nous même. “Nous sommes des êtres de mouvement…. ” nous dit Isabelle Queval. Depuis l’apparition des sports postmodernes, le sport est aussi une manière d’arpenter le mode, de l’expérimenter.

À l’heure, ou l’humanité prend un peu mieux la conscience de sa place et de son interaction avec son “environnement”, ce film, No one knows me like the ocean, dans lequel il n’est pas question de performance, nous parle. Nous viennent, une fois de plus, les mots d’Harmut Rosa.

Être en résonance c’est être relié avec le monde, les autres et soi-même. Il distingue quatre moments dans cette expérience :

  • être affecté par un fragment du monde que vous rencontrez. Une musique, un paysage, une personne ;
  • faire preuve d’une “efficacité” personnelle qui vous permet de répondre à ce sentiment. Y être réceptif ;
  • être transformé par cette expérience, donc savoir la recevoir ;
  • éprouver, reconnaître l’indisponibilité, c’est-à-dire la rareté, l’unicité de ce moment ; Accepter qu’elle n’est pas reproductible à l’envie.

Ce que dit ce film, c’est ce que nous apporte le sport. Ce supplément d’âme, de ressenti, de sensibilité. Des mots rarement utilisés dans le champ sportif. Ce que nous pouvons vivre sur les vagues, les parois, les trails, les pistes, les slacklines et ailleurs : un accomplissement, un état, parfois de flow, une conscience ouverte de l’endroit où nous sommes et donc une envie de le protéger quand c’est un lieu du monde à préserver.

Le sport dans ce cadre-là a une rôle immense à jouer dans la société. C’est ce sport-là qu’il faut apprendre aux enfants, qu’il faut “transmettre”.

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