Le brutalisme, issu des années 50 et que l’on subira jusque dans les 70’s, est un style architectural qui porte bien son nom. Il aura sans doute inspiré plusieurs générations d’architectes dont certains sont devenus des références (voir la note à la fin de cette analyse), cette tendance, ses formes agressives, quoique l’on puisse en penser sur un strict plan esthétique, les dimensions à laquelle elle était associée, souvent inhumaines,  auront réellement été une forme de brutalité aux habitants des villes dans lesquelles on l’aura déployer. Il y avait un monde entre les visions futuristes et colorées de Christopher Foss sur les couvertures des romans de sciences fictions de l’époque et la réalité massive, grise, écrasante et froide du béton. Le brutalisme aura sans doute matérialisé la faille entre la vision des architectes et la stricte réalité des réalisations laissées en héritage aux « passants ».

Le skateboard, cette petit planche à roulette issue de la coolitude californienne, était et est toujours un véhicule par nature urbain. Il permettait et permet toujours de créer du mouvement, son propre mouvement. De s’affranchir justement de la ville, pas systématiquement brutale, n’exagérons pas, mais parfois désarmante, quelquefois déroutante, déshumanisante. Le skate était un moyen de s’approprier l’espace public, l’architecture même de la ville, de créer du lien avec son propre lieu de vie. C’est ce que suggère ce film et précisément ce que n’ont pas compris à l’époque les aménageurs, encore moins les collectivités. Le skate était pourtant le meilleure moyen pour les jeunes de s’affranchir de la « brutalité » de la ville. Un moyen aussi de l’aimer, de la découvrir, d’apprécier ce n’est pas interdit, l’architecture elle-même voire de l’apprendre.

Lumière de la ville pose la question : « De quelle manière le sport de rue peut être un outil d’urbanisme ? », effectivement, il faut bien anticiper de quelle manière la ville sera habitée, non pas interdire massivement les espaces comme c’est le cas aujourd’hui, mais intégrer les activités. Faut-il rappeler que la période du brutalisme est aussi celle où l’on voit l’espace publique livré à la voiture, la portion congrue étant dévolue aux piétons, qu’il est nécessaire de repenser la ville en termes de néo-mobilité. Accorder de la place au mouvement de l’humain. Entre le pied et la roue.

Il ne suffira cependant pas de parquer les skateurs à un endroit, les adeptes de BMX à un autre, de saupoudrer des « parcs » dédiés ici et là mais de penser la ville comme un espace de vie globale. Avant hier, le sport était dans le stade, la glisse et l’outdoor ont remplacé la stade par la nature, le sport de demain sera en ville où habitera les trois quarts de l’humanité à horizon 2050.

Le sport de demain est dans la ville, ne manquons pas le rendez-vous deux fois de suite

Brutalisme : Le brutalisme désigne un style architectural issu du mouvement moderne, qui connait une grande popularité entre les années 1950 et 1970 avant de décliner peu à peu, bien que divers architectes s’inspirent encore des principes de ce courant. Il se distingue notamment par la répétition de certains éléments comme les fenêtres, ainsi que par l’absence d’ornements et le caractère « brut » du béton.
Les premiers exemples d’architecture brutaliste sont inspirés des travaux de l’architecte franco-suisse Le Corbusier, notamment de sa Cité radieuse (1952). Parallèle au mouvement artistique du pop art, le brutalisme s’exprime notamment à travers la réalisation de bâtiments institutionnels et d’universités au Royaume-Uni, en France, en Europe de l’Est et aux États-Unis. Généralement de dimensions imposantes, ces édifices mettent en avant leur verticalité et la rudesse du béton, constituant une réaction aux courants architecturaux antérieurs (le style Beaux-Arts notamment), marqués par davantage de frivolité.
Le terme de brutalisme a parfois servi à désigner de manière générale les édifices massifs en béton, devenus impopulaires à la fin du xxe siècle. Les principaux représentants de ce courant sont Marcel Breuer, Erno Goldfinger, Jacques Kalisz, Bertrand Goldberg et Fernand Boukobza.

Définition du Brutalisme