Le bateau de demain devrait être petit, modulaire, individuel et responsable

7 Jan. 2019 | Analyses VISION, Prospective, Sports nautiques

En France, la pratique de la mer est assez codée. On pourrait sans doute dire compartimentée, même si évidemment des pratiquants passent d’une « case » à une autre. Il y a :

  • la voile
  • le « moteur »
  • la glisse.

Ce découpage est technique, économique mais surtout culturel. En grattant un peu, on y trouverait sûrement des raisons sociologiques mais ce n’est pas le sujet du jour. Le salon nautique qu’on accuse parfois de tous les maux est le reflet de cette réalité, la répartition de l’espace étant ainsi déterminée depuis au moins quatre ou cinq décades. Le problème, c’est que ce cloisonnement enferme aussi les esprits à l’heure où il faudrait innover transversalement.

LA STRUCTURE MÊME DE CETTE OFFRE, ET SURTOUT L’IMAGE QU’ELLE DONNE DE L’ACTE D’ALLER SUR L’EAU, EST-ELLE ENCORE ADAPTÉE AUX BOULEVERSEMENTS À L’ŒUVRE DANS LES RAPPORTS À LA MER ? C’EST LA QUESTION QUE NOUS POSONS.

Lançons-nous dans un rapide tour d’horizon. La voile, profondément ancrée dans l’inconscient collectif, a connu un essor considérable à partir des années 60 et 70. Des chiffres en attestent. La puissance publique a joué un grand rôle en favorisant le développement des infrastructures, les ports de plaisance, tandis que de grands hommes se chargeaient de doper les imaginaires ; Un poète, Bernard Moitessier, un visionnaire, Eric Tabarly. Ces deux-là (et d’autres) ont posé les bases de la culture maritime française qui a accouché du leader mondial de la plaisance, d’une multitude de chantiers et d’une ribambelle de skippers, d’ingénieurs, d’architectes navals et autres pionniers. C’est la France du multicoque, du Vendée Globe, des records, de l’innovation. On ne devrait pas avoir de complexe avec la Coupe de l’America, tant la France a pesé positivement sur la voile récréative mondiale. Même les anglais nous admirent c’est dire… Aujourd’hui si le secteur de la course au large se porte bien, c’est pourtant une bulle économique boostée par l’achat d’espace, déconnectée de la pratique de la voile traditionnelle, populaire, elle en déclin (au moins en France), même si le leader mondial reste un groupe français qui se porte très bien. Pour être plus précis, c’est la « proposition », le discours que tient la voile qui a peu évolué. A ce point de vue, le foil n’y change pas grand-chose. Le découpage voile habitable, voile légère, olympisme ne parle qu’aux professionnels, il n’est plus adapté à ce qu’attendent ceux qui veulent aller sur l’eau. Encore une fois, il y a sclérose des imaginaires.

 

CET ARTICLE EST UNE ANALYSE VISION



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