La disqueuse est-elle l’avenir du nautisme ?

19 Juil. 2021 | Analyses VISION, Prospective, Sports nautiques

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L’année passée, nous avons publié l’analyse suivante que l’on vous invite à découvrir. La question de fond était, comment peut-on valoriser le parc de bateau existant, comment moins fabriquer et davantage réhabiliter, quelles pistes de travail en découlent.

Codezero

Il y a beaucoup d’enseignements à retirer de ce petit film dans lequel on voit deux surfers remettre en état un vieux bateau, puis partir à l’aventure au large de la côte californienne.

Nous y voyons à minima une piste de réflexion, une idée parmi d’autres pour l’industrie du nautisme. Une histoire inspirante propice à :

  • Redonner envie de naviguer, renouveler le récit, l’imaginaire donc la « clientèle ».
  • Apporter des réponses aux questions qui agitent aujourd’hui la société (développement durable).
  • Favoriser certaines tendances d’usages et de consommation : recyclage, construction à bas impact et durable, etc…
  • Re-dynamiser l’activité dans les ports avec des Fab Lab comme on en voit apparaitre dans le bricolage.

Voyons ça en détail ; La crise mondiale liée au coronavirus sera sans doute très préjudiciable à l’activité économique en général. Elle sera en outre très violente pour le monde du nautisme qui a déjà souffert en 2008 (et après), de l’érosion de la pratique, et qui n’a pas su renouveler son univers pour séduire les nouvelles générations.

Ce n’est pas une sentence, mais un constat qui s’appuie sur notre travail de veille et sur trente ans d’immersion dans le secteur). En effet :

  • Les temps ont changé et la place du bateau dans les rêves des Français n’est plus la même.
  • La voile est encore le récit prédominant quand le bateau à moteur représente plus des trois quarts du marché depuis bien longtemps.
  • La culture de la voile ne s’est pas renouvelée et s’articule autour de pratiques idéalisées (compétition, croisières, grand large), mais qui sont loin des préoccupations ou envies du public d’aujourd’hui.
  • Ses contraintes sont davantage pénalisantes qu’auparavant.
  • Le bateau à moteur répond à des usages (pêche, plongée, sorties estivales…), mais ne se renouvelle pas non plus et tourne même le dos aux évolutions sociétales (lire ici).
  • Les prix sont hors d’atteinte pour une grande partie des clients potentiels et le partage n’est pas le miracle attendu.

Or il y a aujourd’hui beaucoup de bateaux immobiles, parfois hors d’âge, dans les ports. Le marché de l’occasion se porte très bien, mais pourrait se développer si l’on favorisait le rachat des vieux modèles (plutôt que leur destruction ou pire leur abandon), leur transformation (comme ici).

 

On pourrait imaginer :

  • Associer à ce type de démarche, des fournisseurs de matériaux, d’outils, des accessoiristes, des spécialistes indépendants du refit.
  • Ouvrir des espaces dans les ports comme ça se passe dans le bricolage (autre exemple ici) aujourd’hui avec disposition de matériaux, de matériels et d’assistance.
  • Promouvoir ce côté low tech qui permet de réparer et de redonner vie plutôt que de produire.
  • Mettre en avant le faible coût.
  • Les ports pourraient en profiter pour élargir leurs activités vers des pratiques liées à cette nouvelle culture transversale (outdoor, plongée, surf, pêche, etc …).

Les prix d’accès seraient sans commune mesure avec du neuf. Ces petites embarcations n’auraient pas vocation à faire le tour du monde, mais à faire de la micro-aventure, c’est-à-dire celle que l’on fait près de chez soi. On imaginerait des bateaux hybrides tant sur le plan de l’utilisation que de l’énergie. Entre autres pistes.

 

Ces initiatives seraient en phase avec l’idée du monde de demain : imaginer, transformer plus, rénover, produire moins, co-construire. La voile et le « moteur » ne feraient qu’un, la proposition globale serait d’aller sur l’eau, et tout ça serait en phase avec les valeurs qui émergent.

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