Le sujet : les évolutions possibles des pratiques en montagne, et notamment dans le domaine des sports d’hiver. Effectivement, les limites du système actuel sont de plus en plus claires, élément du débat ce reportage diffusé récemment par Xénius sur Arte. Nous avions parlé le mois dernier du snowkite, voici un sujet assez intéressant sur le Fat Bike dans le Yukon

Remettons le sujet dans son contexte avec cet extrait issu du travail de Philippe Bourdeau intitulé « Les défis environnementaux et culturels des stations de montagne » visible ici sur Téoros, revue de recherche en tourisme :

Depuis la fin des années 1980, l’univers du tourisme de montagne européen est parcouru par de nombreux incertitudes et facteurs de changement structurels sectoriels ou globaux : stagnation ou érosion de la pratique du ski, perte de parts de marché touristique des pays alpins, accentuation de la concurrence entre destinations touristiques, émergence de nouvelles pratiques récréatives, vieillissement de la population… Le changement climatique, dont les effets sont d’ores et déjà fortement ressentis dans la vie touristique alpine, constitue un révélateur et souvent un accélérateur des mutations en cours. Pour de nombreux observateurs, le système des sports d’hiver hérité de la seconde moitié du XXe siècle repose désormais sur un modèle épuisé, « qui a fait ses preuves et son temps » (Knafou, 1991), et qui est voué à une profonde recomposition impliquant de drastiques adaptations. À l’aune de ce changement et des enjeux du développement durable, le modèle porté par les plus grandes stations, s’il continue à s’afficher comme une réussite, n’est pas exempt de contradictions et de risques, avérés ou potentiels, que cet article se propose de questionner sous l’angle d’une approche géoculturelle du tourisme.

Encore plus que « That Invisible Force » qui montre toute l’envergure du snowkite, cette très belle vidéo sur un périple en Fat Bike dans le Yukon prouve comment l’offre touristique peut évoluer vers des propositions plus équitables notamment, un paramètre qui prendra de plus en plus d’ampleur, moins gourmandes en infrastructures pénalisantes pour la nature (on remarquera que le modèles des années 60 a vu naître les stations de sports d’hiver et les ports de plaisance tout deux à fort impact), moins couteuses en énergie et qui ne se limitent pas à la haute montagne, ce n’est pas un détail.

Le Fat Bike, ce vélo doté de très gros pneus a été très fortement mis en avant par les fabricants ces deux dernières années. Dans la réalité, un fat bike est un vtt qui a un look marrant, il est confortable mais un peu pataud, il se révèle assez vite fatiguant. Il n’a que d’intérêt dans le sable ou sur la neige, car dans ce cas, la grosse portance générée par les pneus lui permet d’être efficace. Le Fat Bike est donc appelé à rester anecdotique mais on voit ici à quel usage il est parfaitement adapté. Par contre, l’assistance électrique devrait élargir son champ d’action. A garder en tête.