• Les bateaux aux dimensions démesurés ne datent pas d’hier.
  • Les grands bords dans la mer démontée non plus.

Mais avec Brest Atlantiques il nous semble qu’on passe un cap. Le monde de la voile se passionne pour ces géants qui déboulent à fond dans la houle. Pendant longtemps, les voileux donnaient plutôt dans la trigonométrie sur l’eau, passaient des jours à discuter de la « jauge » et pouvaient dissoudre des heures entières dans des procédures de départ dont les secrets ne sont connus que d’une poignée. On rappellera non sans humour qu’en match race, les bateaux faisaient des tours sur place, voire marche arrière. Une sorte de jeux d’échec.

Voilà qu’aujourd’hui les mêmes s’emportent et crient de joie devant des runs à fond que n’aurait pas renier un Hell’s Angel sur sa Harley. Même le bruit du carbone qui craque devient un paramètre jouissif.

Peu importe qui va gagner, ce qu’on retiendra, c’est ça. La vitesse, le coté « Highway to hell. ». La démesure et c’est toute la différence.

Cinquante ans après le ski, quarante ans après le windsurf, la voile découvre le freeride. C’est à contre-temps tout comme cet engouement pour la vitesse pure à l’orée d’un siècle où il va falloir ralentir mais il y a des bons cotés.

On en reparle dans une longue analyse (sérieuse) et structurée dans quelques jours.

Photo Alexis Courcoux