La proposition contradictoire de la glisse

7 Avr. 2014 | Glisse

Ce billet a été écrit et publié le 20 novembre 2013, à l’occasion du passage du film Tempête de Nicolas Cennac et Jérôme Mignard sur Thalassa, où l’on voit des marins (beaucoup) mais aussi des windsurfers (un peu). Là aussi, il s’agissait de poser les fondamentaux du blog, aborder la glisse d’une autre manière. D’où l’idée remettre ce post en avant maintenant que le blog commence à attirer les lecteurs par millions…

Mine de rien, c’est à une double contrainte que doit faire face le passionné lambda, lorsqu’il est raide dingue de kitesurf, de surf ou de windsurf par exemple.

En effet, depuis des décades, l’imaginaire proposé par les acteurs des sports de glisse est lié aux antipodes, à la notion d’endless summer. Tout ça vient du surf. Si on a vu récemment ici-même, que cette proposition évolue pour aller doucement vers l’hiver, les vecteurs de rêves, trips dans les magazines et aujourd’hui, les clips vidéo, vous propulsent aussi sec dans des contrées lointaines, difficilement accessibles, couteuses en moyens et en temps. Autant dire que ce ne sera jamais le quotidien du rider lambda.

Or ce que voit le breton ou le sudiste « de la glisse d’en bas », c’est son home spot, voire celui d’après, là où il ira écrire non pas une quelquonque légende, mais sa propre histoire. C’est déjà pas mal. La Torche en novembre, Beauduc en mars mar exemple. La beauté certes, mais la dureté des élements, le froid, un océan qui ne s’approche pas dans un costume de top modèle mais une force brute avec laquelle il faut composer. Entre la vague parfaite et le home spot, entre le rêve perpétuellement entretenu et la réalité de la pratique en europe, c’est presque une injonction paradoxale…

Ceci n’est pas un film de kite, mais les bretons notamment imagineront peut-être un ami, un cousin ou un frère sur son chalutier ou son cargo au large. On sait aussi que pas mal de « marins » sont aussi quelquefois kiteboarders ou surfers, alors ils comprendront.

Ceci n’est pas un film à dominante bleu clair, mais c’est un film qui ressemble à notre environnement. C’est la mer telle qu’on la voit ou l’imagine. Pas bleu azur, pas glassy, pas tout à fait chaude. C’est du costaud mais c’est chez nous.

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