Codezero parle de moto, plus précisément de nouvelles tendances de la moto, et ce depuis le début. En effet :

  • La moto peut être un sport, elle dépasse cependant le simple cadre du sport. Elle dépasse aussi la simple notion de moyen de transport, véhicule davantage, encore aujourd’hui de valeurs existentielles. C’est le premier point commun que l’on pourrait faire avec le surf ou l’outdoor.
  • La moto est un vecteur de liberté. Même conclusion que précédemment.
  • Par ailleurs, nous avons mis en lumière les autres parallèles. Bruce Brown, Barbour, la culture californienne, mais aussi la communication de la marque Ducati ou l’étonnante mutation de BMW. Des exemples vraiment bluffants en termes d’évolution de marques et de récit.

Venons-en au sujet du jour qui est très lié à l’innovation mais aussi à l’évolution de l’identité d’une marque. L’ADN d’Harley Davidson, marque de moto sans doute la plus emblématique, est intimement lié à son moteur : son architecture, son caractère, ses vibrations, son bruit, tout ceci est sans équivalent réel. Rarement une marque « mécanique » n’aura été à ce point liée à l’esprit initial, n’aura autant été synonyme de tradition, dans une certaine mesure d’absence d’innovation (même si dans les faits c’est bien plus subtil), n’aura à ce point tourné le dos, dans une certaine mesure toujours, à la modernité. Un V-twin culbuté ne se souci pas d’innovation et c’est l’identité même de HD. Pourtant, Harley a commencé à se positionner sur le créneau électrique l’année passée. C’était ultra risqué dans l’absolu puisque le moteur électrique est l’antithèse de ce qu’est l’âme d’une Harley.

L’avenir reste à écrire mais la marque a passé un cap délicat. Elle s’est positionnée, ce n’est plus un tabou. Kodak, qui détenait pourtant beaucoup de brevets sur la photo numérique, a tourné à cette évolution majeure, pensant à juste titre que le digital était une sérieuse menace pour la moitié de son CA qui tenait au développement. On connait la suite.

La capacité d’une marque a traverser les époques dépend de sa capacité à analyser les évolutions irréversibles d’un marché, à anticiper les tendances et de faire évoluer ses produits et son identité. Le motard de demain n’est pas celui d’aujourd’hui. C’est aussi valable pour le grimpeur, le surfer, le passionné de VTT ou le voileux.