Pour quelles raisons faites vous du sport ? Pour le plaisir, les sensations, pour l’accomplissement, le dépassement, le rêve, le résultat, le bien-être, la beauté, pour être plus fort, plus rapide, pour ne pas vieillir, pour vous sentir libre, pour être en bonne santé, pour le partage, la victoire, la domination, pour le regard des autres….?

Il existe de nombreuses raisons de faire du sport et toutes sont recevables, l’essentiel étant que chacun trouve l’univers sportif qui lui convienne, la pratique dans laquelle il peut s’épanouir.

L’offre sportive n’a jamais été si riche, si diverse, tant dans la sphère du sport traditionnel que dans les nouvelles tendances, sachant que rien n’empêche de combiner les deux, que les disciplines pratiquées et les raisons de s’y impliquer changent au cours de la vie et permettent à chacun d’enrichir sa vie sportive.

C’est ce qui nous semble intéressant, inspirant dans cette vidéo de la marque Reebok (mais Under Armour a également produit des films très intéressants, notamment celui avec Michaël Phelps), c’est le discours sur les motivations sportives. En effet, la sphère du sport traditionnel a longtemps mis en avant – elle le fait encore –  la culture de la compétition qui – c’est un constat pas une critique – est étroitement liée à une idée d’élitisme, de sélection et de victoire donc domination et très peu à l’épanouissement, à la recherche d’équilibre, à la prise de « plaisir » et au bien-être. Tandis que la culture sportive alternative apparue avec les transformations sociétales des années 60/70  prônait à l’inverse, le plaisir, l’équilibre et une certaine forme de jouissance par le sport.

Aujourd’hui, et il est particulièrement intéressant de le noter, ces deux approches s’influencent et se complètent.

L’accomplissement personnel, le bien-être, l’exercice de soi pourrait-on dire, passe aussi par des disciplines exigeantes. La volonté de se dépasser peut également trouver son terrain d’expression dans une pratique initialement hédoniste. On assiste également à une relecture de disciplines traditionnelles. Des sportifs remettent en scène la gymnastique au sol, la combine avec de la danse et du taekwondo, les passionnés de Crossfit réinventent l’haltérophilie, les femmes s’emparent de pratiques jusqu’ici réservées aux hommes et redéfinissent les normes de la plastique féminine.

Mais surtout, les raisons fondamentales de faire du sport ne sont plus soumis aux diktats simplistes d’hier. Effectivement, même si le travail des marketeurs de Reeebok est d’insuffler un supplément d’âme dans la pratique sportive, le sport nous permet, parce qu’il nous aide à nous accomplir tout en nous confrontant à nos faiblesses, d’être justement plus humains. Cette vision augmente aussi le sport d’une part d’existentielle qui nous va bien.

Aujourd’hui, le sport ce n’est plus simplement gagner, vaincre, aller plus vite plus haut ou être plus fort, c’est être plus humain, partager, se confronter, progresser, donner naissance, puis travailler une chorégraphie, chercher du plaisir, trouver un équilibre, rencontrer l’autre, les autres, aller de l’avant ensemble, faire équipe, faire corps, vivre plus intensément, vivre mieux ou vivre tout court, chacun mettant le curseur où il le souhaite.

Il ne faut pas s’y tromper, cette transformation des motivations sportives s’accompagne d’un changement important dans les comportements qui redistribue complètement les cartes du monde sportif. Rien ne sera plus comme avant et nous assisterons encore à des nombreuses transformations

On peut choisir de diaboliser le discours d’une marque en y plaquant le fantasme d’un consumérisme rampant (la persuasion clandestine…) il est aussi permis d’y trouver de l’inspiration quand le propos est plus progressiste, plus ouvert que les vieilles sentences d’une vision du sport dont les fondements ne sont plus d’actualité depuis longtemps. Faisons du sport, nous sommes humains, effectivement.

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