The Keys – Reloaded from BOTE on Vimeo.

Il est difficile de comparer les américains et les français dans leur façon d’aller en mer, et distribuer les bons et les mauvais points n’est pas le sujet du jour. Par contre, observer ce qui se passe de part et d’autre de l’Atlantique peut se révéler être très intéressant.

L’engouement pour le stand up paddle , de même que la passion pour la pêche sont deux points commun entre l’Europe et les Etats-Unis. On peut cependant mettre au crédit de nos cousins américains un savant mélange d’enthousiasme et de pragmatisme et une capacité à ne pas s’embarrasser de préjugés ou de considérations périphériques qui bloquent souvent les réflexions européennes pour ne pas dire françaises. Résultat, imaginer partir à la pêche sur une planche de stand up ne leur pose pas de problème bien au contraire, il transforme cette envie en opportunité de développer un engin adapté.

On pourrait faire rapidement la liste des points discutables bien que ça nous semble un peu stérile :

  • il n’y a pas de lien entre le SUP et la pêche
  • les américains mettent des moteurs partout
  • c’est un jet ski
  • c’est moins stable qu’un Zodiac
  • il y a déjà des kayaks équipés pour la pêche
  • Limité aux planx d’eau plat

Si on le jugeait comme une nouvelle proposition, une matière à réflexion :

  • voyons le comme un bateau ultra-léger. Il a plus petit moteur que la plupart des embarcations. Peut devenir électrique
  • son prix peut être plus accessible que le plus petit des semi-rigides
  • il peut être utilisé à la rame
  • la pêche est un loisir grand public en plein renouvellement.
  • Evidemment, c’est limité au beau temps. Mais la plupart des gens pratiquent en été
  • c’est une nouvelle proposition. Le nautisme doit s’adresser aux non-clients, renouveler son imaginaire

Cette vidéo produite par la marque BOTE, au delà de son petit coté débridé est instructive à plus d’un titre, c’est notre point de vue. Nous sommes vraisemblablement à une époque charnière en ce qui concerne les loisirs nautiques. Aussi passionnante et emblématique soit la voile, elle souffre aujourd’hui pour plusieurs raisons : difficulté d’accès, complexité, coût d’achat et d’entretien. Par ailleurs, la surexposition médiatique et culturelle de la navigation à la voile a, en quelque sorte, imposé un récit et un style de pratique qui n’est tout simplement pas (ou de moins en moins) à la portée du plus grand nombre et ce ne sont pas les sites de partages de bateaux qui changeront la donne. Le résultat ? La réalité du marché français est depuis longtemps celle du petit bateau à moteur de moins de huit mètre et que toute forme de divergence est assez mal accueillie. L’innovation existe, mais elle n’est pas très inconoclaste, bloquée par des schémas trop traditionnels (l’indéboulonnable pêche-promenade, la bateau familiale avec les portes cannes et la glacière mais aucune personnalité) ou trop élitistes (aujourd’hui le foil).

C’est dans cette optique qu’il faut voir ce petit film marrant. Rien ne laisse entrevoir que ce genre d’engin puisse trouver un écho en France justement à cause des préjugés culturels, mais avouez que c’est carrément enthousiasmant. Qui n’aurait pas envie de tester ce Bote Rover autour de Porquerolles ou des Glénans, voire dans le golf du Morbihan ? Seul ou à deux. Ou en flotte… Ce type d’engins légers qui propose un autre type de pratique pourrait rencontrer le succès. La France n’est pas la Floride mais elle regorge de plans d’eau calmes, de baies magnifiques, de plages de rêves, de criques fabuleuses. Qui ne rêverait pas d’avoir une petite embarcation en phase avec l’air du temps (peu polluante car peu motorisée), polyvalente, facile à utiliser, dans l’absolu moderne car innovante.

N’y a t-il pas en France la possibilité de promouvoir la pratique maritime d’une autre façon qu’en mettant en avant le bateau habitable, l’indéboulonnable Laser ou le bateau à moteur (qui doit être habitable aussi quand la majeure partie des utilisateurs sortent à la journée) qui hésite entre le suréquipement pour la famille, la surpuissance, le luxe à outrance mais qui jamais ne sort de son formatage.

En envisageant aussi le stand up paddle comme un engin propre à la navigation, les américains font table rase des formats et des schémas et surtout cette vidéo donne à voir une façon de l’envisager qui pourrait tout à fait se dupliquer en France ou en Europe.