Et si le bateau de demain n’était pas celui que l’on croit…

10 Fév. 2016 | Innovation, Nautisme, Prospective, Voile

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Le nautisme est un secteur qui a connu une crise sans précédent depuis 2008. A la crise financière mondiale, sont venus s’ajouter d’autres paramètres.

  • l’âge du capitaine, la clientèle est vieillissante, c’est un fait
  • des changements de comportements, de modes de consommation
  • des changements sociétaux : la voile fait moins rêver ou tout du moins plus de la même façon
  • l’aspect financier
  • la difficulté d’accès

En France, la voile tient une place à part mais cette culture dont nous pouvons être fier peine à se renouveler. La course au large est devenue un secteur à part entière, une bulle déconnectée de la réalité pour tout dire, mais les navigateurs, architectes, chantiers et organisateurs français ont hissé l’hexagone à une place enviable au panthéon des dompteurs d’océan. C’est positif mais il y a matière à débat en termes d’image. La voile était presque romantique, décalée (Moitessier) elle est devenue sportive et très sponsorisée

En France, la voile tient une place à part mais c’est bien le bateau à moteur qui représente aujourd’hui l’écrasante partie du business. N’en déplaise aux voileux toujours un peu méprisants sur le sujet. Lorsqu’il s’agit d’imaginer le bateau du futur, ressort des cartons toujours le même morphotype : un voilier sensiblement similaire dans sa forme et sa fonction mais qui serait entièrement recyclable. Deuxième innovation, il serait “connecté”.

Un chantier espagnol vient de présenter un bateau hybride. Extérieurement, c’est un voilier, plutôt luxueux mais il est assez puissamment mus par deux moteurs hors-bord, ce qui fait d’ailleurs écrire au journaliste du site Actu-Nautique : “Tous les voileux qui me lisent en ce moment bondissent sur leur siège et crient au sacrilège.”

C’est bien là le problème et c’est très représentatif de la problématique voile/moteur aujourd’hui. Tentons de résumer :

  • Les français aiment la mer
  • La voile en fait sans doute rêver beaucoup d’entre eux
  • La pratique de la voile est néanmoins contraignante, nécessite temps, savoir faire et investissement conséquent
  • la facilité offerte par le bateau à moteur est dans l’air du temps
  • la majorité du parc marin français est constituée de petits bateaux à moteur
  • Nombre des usagers des voiliers de location naviguent au moteur

Combiner les atouts d’un voilier (le rêve, l’énergie renouvelable) et le réalisme d’un bateau à moteur peut donc sembler une bonne idée. Certes, les voiliers sont déjà équipés d’un moteur mais ce qu’apporte le BD 56 est différent et la proposition est intéressante. Comme principe car cette taille reste marginale en volume. Les clients veulent du rêve ET du pragmatisme. La mobilité apportée par une vraie motorisation pourrait être une réponse. Encore faudrait-il que les mentalités évoluent. Ainsi que la technique mais là n’est pas le souci et… la législation…

Une anecdote pour terminer et qui illustre parfaitement cette sorte de cloche philosophique qui pèse sur la voile et que traduit la remarque du journaliste sur ce que penseraient “les voileux”.

Il y a quelques années, lorsque Bénéteau, leader mondial présente le Sense en conférence de presse, le responsable marketing de l’époque prend grand soin de dire que ce modèle, plutôt orienté “plaisir” cible les “hédonistes”. Dans l’esprit du moment, il est bien question de justifier les aménagements modernes, le parti-pris “plaisir d’être en mer”.  Car le passionné de voile old school, comme le “motard” des années 80, aime à se voir comme un puriste, un navigateur au plus proche de sa passion, il aime se voir en “marin”. L’hédonisme doit être une truc de parisien dans cette France qui aime bien rire d’eux…

Le navigateur de demain comme le motard d’aujourd’hui – voir l’explosion des nouvelles tendances de la moto – est quelqu’un qui veut se faire plaisir. C’est souvent un “urbain” qui veut aller sur l’eau. Point. En famille, entre amis. Naviguer oui, mais jeter l’ancre dans une belle crique, se baigner et prendre l’apéro. C’est un hédoniste et il cherche un jouet en adéquation.

On doit pouvoir répondre à ce besoin non ?

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