Ce n’est pas grave d’aimer le football

30 Mar. 2020 | Culture, Les incontournables

Oui, vous lisez bien, le titre de cette réflexion est bien « Ce n’est pas grave d’aimer le football ». Nous entrons sur le terrain. C’est une suite logique, le résultat d’un cheminement. Ce titre fait référence à un très beau documentaire réalisé par Hervé Mathoux, le monsieur football de Canalplus.

On vous doit donc quelques explications :

  • Depuis le début, l’agence Codezero réfléchit, analyse et décrypte les dévolutions des pratiques sportives en excluant presque « naturellement » toutes les disciplines traditionnelles pour ne pas dire, institutionnelles.
  • C’était un choix, un point de vue assumé. Notre travail entamé officiellement avec les premières publications en 2014 allait puiser sa source dans l’émergence des pratiques « libres » et au déclin de la discipline au profit de l’autonomie.

Notre travail de recherche et de réflexion a toujours été lié aux interactions entre le sport et la société. Cet axe, passionnant, nous a régulièrement amenés à pousser de nouvelles « portes » parce que ce cheminement répondait à une logique. Ainsi, après le sport outdoor, la glisse et la voile, nous avons élargi notre champ de compétence. Nous avons traité de :

D’autres grilles de lectures se sont superposées :

Plus tard, des clients venus d’autres horizons sont venus nous demander de participer à leur réflexion. Nous avons travaillé sur des thématiques liées au tennis (et aux sports de raquettes) aux « ponts » existant entre les tendances urbaines et le basket également. Le sport dépasse largement le geste.

Nous avions déjà parlé de football, de rugby également, mais ce que montre le très beau reportage de Canalplus et l’interaction entre le sport et la société. En droite ligne des sujets abordés à la Global Sport Week. Mathoux part au Brésil et nous explique les origines du dribble. Une ruse, une technique de survie des premiers joueurs de couleur qui en appellent aux gestes anciens de la Caporeia. Le dribble est une réponse culturelle et physique à un problème racial. Bel éclairage. Évidemment, le reportage passe par l’Angleterre, Cambridge. L’origine des règles, leur pourquoi surtout. Le degré de violence acceptable, les vertus viriles, l’état d’esprit, la beauté du jeu. L’aristocratie puis le peuple. Les interactions sociales encore.

Ce documentaire nous fait comprendre le football que chacun croit connaître, les raisons de son universalité, sa dramaturgie. Avance quelques hypothèses. Oui, on peut « sortir de soi » en regardant un match. Oui, un homme de théâtre comme Denis Podalydès, une auteur telle Agnès Mathieu Daudé, un autre écrivain Olivier Guez (Éloge de l’Esquive) peuvent se passionner pour le foot et ses implications. Le souvenir de la lecture du « Culte de la performance » d’Alain Erhemberg, ouvrage que nous avons souvent cité nous revient et dans lequel justice était rendue au peuple qu’on accuse trop souvent par facilité d’être « abruti » par ce jeu facilement condamnable. Effectivement, tout comme le soulignait Guillaume Martin dans Socrate à vélo, les Français ont tort d’opposer le corps et l’esprit.

Ce qui nous motive, ce qui fait notre spécificité est notre obsession du « pourquoi ». Voilà pourquoi nous parlons aujourd’hui de football et que nous en sommes très heureux. D’ailleurs, attendez-vous à ce qu’on parle d’athlétisme très bientôt.

En allant chercher les mécanismes derrière les pratiques, en interrogeant le passé, en échangeant sans interruption avec notre réseau, en nous fiant aussi à notre immersion permanente dans le sport, à notre intuition de pratiquants et de passionnés, nous traçons des perspectives pour le sport de demain, nous proposons une nouvelle lecture, nous militons enfin pour qu’il soit transmis et pourquoi pas enseigné différemment parfois.

Ce que nous dit ce reportage sur le football, c’est que le sport va bien plus loin que le résultat, ce que nous affirmons depuis le début.

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