The Hard Way, An Ultra Runner Pushes 90 (HD extended promo) from Montana Journalism on Vimeo.

Dans le post « Le sport moderne va bien plus loin que le résultat » nous écrivions que le sport avait commencé a changer à la fin des années 1970. Emergeaient alors d’autres valeurs issues de la contre-culture, des valeurs plus « existentielles » qui renversaient la proposition du sport traditionnel, normatif et chiffré. De même nous disions que l’image de la course à pied avait commencé a évoluer au même moment, notamment sous l’impulsion de Nike, qui avait contribué à l’extraire partiellement du strict cadre de l’athlétisme à la papa. Dans la vidéo associé, Ronnie Goodman ne courait pas pour un résultat, il courait pour des motifs identitaires. En un certain sens il courait pour survivre.

Bob Hayes est un autre exemple de la nouvelle façon d’appréhender le sport aujourd’hui. Jusqu’à présent, le sport traditionnel dont le modèle est la compétition, invitait à une pratique inscrite dans une période de temps très courte. Le champion est un jeune athlète et sa durée de vie en temps que machine à produire du résultat de haut niveau est limité. En quelque sorte, l’athlète de haut niveau est un produit jetable dont il faut tirer le maximum d’où les dérives du sport de haut niveau. C’est encore le cas dans de nombreuses discipline et on peut comprendre pourquoi. La société a longtemps dupliqué ce schéma. Après un certain âge, continuer à faire du sport n’était pas raisonnable. On ne pensait pas le sport en termes de santé. Les choses ont évolué mais le sport reste encore trop associé à une tranche d’âge donnée, parce que trop orienté vers la notion de performance comparée. Il suffit de voir la manière dont les fédérations qualifient encore les plus de 30 ans pour rire de cet aspect des choses. Il arrive que vous soyez « vétéran » à 35 ans.

Bob Hayes a 88 ans. Evidemment, il est une exception mais une exception qui fait du bien, qui donne à voir une autre image de l’âge. Une exception mais pas la seule après tout, n’oublions pas Carlos Sorias.

Ces hommes sont des pionniers, des explorateurs, des exemples. Des sources d’inspirations. Ils nous permettent d’envisager un autre rapport au sport, une autre grille de lecture. Nous parlions de sport existentiel dans ce post sur la high line mais c’est bien de ça dont il s’agit. C’est aussi une façon de vivre le sport en dehors du champ des valeurs habituelles.