Résumons à gros traits : le monde change, la société se métamorphose, les attentes des individus évoluent et une des conséquences est que le sport lui-même, qui prend une place considérable dans nos sociétés occidentales, est en pleine mutation.

Nous avions déjà abordé le sujet dans l’analyse « Sport, entreprises, décideurs, les nouveaux parallèles », le sport change, mais l’entreprise également. Or sport et entreprise sont souvent liés…

NOUS AVIONS SOULIGNE LE DÉCLIN DE LA DISCIPLINE AU PROFIT DE L’AUTONOMIE DANS LE SPORT, CE QUI SE TRADUIT EN ENTREPRISE PAR UNE REMISE EN CAUSE DE LA HIERARCHIE VERTICALE ET UN BESOIN D’HORIZONTALITE 

Comme nous le notions : « S’adapter, innover, imaginer d’autres voies, d’autres solutions, est également le lot de l’entreprise aujourd’hui plongée dans la réalité du 21 ème siècle global. Dans un monde beaucoup moins figé qu’auparavant, confrontés à une concurrence mondiale et proteiforme, sur des marché où une innovation peut en tuer une autre, le dirigeant et l’entreprise toute entière – donc ses salariés – doivent être en mouvement. S’ils sont habitués à ce type de situation, il est permis d’imaginer que ce sera plus efficace.

Joël De Rosnay soulève dans son livre « Surfer la vie » de très nombreuses problématiques intéressantes, attardons nous sur l’un d’elle car elle entre dans le périmètre de notre sujet. Il parle justement du rapport des nouvelles générations avec le travail et l’entreprise, de l’inévitable capacité d’adaptation nécessaire, du besoin de mettre en valeur les initiatives personnelles, de mettre en place des relations humaines plus horizontales que verticales, d’une hiérarchie davantage basée sur la compétence, sur les modes collaboratifs et le partage qu’ils connaissent sur le net. C’est ce qu’il connaissent dans leur manière d’appréhender internet, c’est ce qu’ils peuvent expérimenter dans les nouveaux sports, c’est ce qu’ils souhaitent en entreprise. »

Il fallait réinventer cette relation, ne pas en rester au format classique des clubs de dirigeants qui se réunissent autour du rugby, du golf mais se fédérer autour des « nouvelles » cultures sportives. C’est justement ce qu’à fait Laurent Houitte en créant Kite & Connect, clubs de décideurs passionnés de kitesurf.

Après avoir organisé de nombreux kitesurf camps et autres diners thématiques, K& C passe à la vitesse supérieur et organise à Dakhla, le B2B Kite Summit, en septembre. Un évènement d’envergure dont Codezero est partenaire.

3 jours de meeting, 10 workshops, plus de 300 entrepreneurs, 25 startup

Nous vous invitons donc à aller surfer sur le site de l’événement, nous en avons profité pour faire parler Laurent Houitte de son initiative.

CZR : faisais-tu partie d’un réseau (de décideurs) centré sur le sport avant de créer Kite & Connect et/ou d’un réseau de décideurs tout court ?

Laurent Houitte : oui, bien sûr. Plusieurs et notamment la Table Ronde Française … j’ai aussi fréquenté l’APM et le CJD qui sont tous de super réseaux …

CZR : que voulais-tu apporter avec Kite & Connect, en quoi l’expérience pouvait être différente ?

Laurent Houitte : je voulais d’abord créer quelque chose de différent en comparaison des clubs actuels mais qui soit évidemment sport et business. Je suis persuadé que la passion permet d’apporter un supplément d’âme. On ne se dit pas les mêmes choses après une bonne session de kitesurf qu’après une conférence de Mark Zuckerberg, quelle que soit la qualité du speaker d’ailleurs. Le kitesurf est un sport idéal pour cela : accessibilité et liberté, sensations fortes, sécurité de mieux en mieux gérée, découverte de lieux incroyables, …

Mon second constat est que nous voulons le moins d’obligation possible et le plus de liberté. En même temps (dixit Emmanuel Macron), pour échanger et créer du lien, il faut créer une communauté. Pour nous le choix était fait, c’était entreprise et kitesurf. Notre vision est de fédérer des entrepreneurs (ou en devenir) de 17 à 77 ans, qui ont cette passion pour les sports de glisse et notamment le Kitesurf.

Enfin, notre idée est de réunir des personnes, non pas parce qu’ils ou elles ont une boite de plusieurs millions d’euros, ou une présence dans cinq pays, ou encore un super niveau en kitesurf. Non. Nous prenons des débutants, des indépendants, des jeunes chefs d’entreprises et des moins jeunes. Ce qui nous réunit, ce sont nos valeurs, notre état d’esprit de partage et d’écoute. Le club a permis a plus de mille personnes de se rencontrer au travers de dix camps et de plus de vingt-cinq soirées partout en France. Plus de cent personnes ont appris le kitesurf avec Kite & Connect. Enfin, de nombreux participants sont revenus avec des nouvelles idées business, boostés par l’atmosphère et les échanges. La plupart sont devenus amis, font du business ensemble. Il y a même eu des rachats d’entreprises. Des personnes qui n’auraient pas pu se rencontrer dans leur vie pro se sont rencontrées sur la plage et on fait du beach business. Les américains l’ont bien compris aussi.

CZR : quelles sont les qualités requises pour le kite qui soient utiles en entreprises ?

Laurent Houitte : oser, dépasser ses peurs, savoir apprendre, avoir la bonne approche mentale, être autonome, avoir de l’humilité vis à vis de la mer, savoir prendre des initiatives, pour gérer un élément naturel, la curiosité pour être à l’écoute d’une nouvelle pratique, solidarité et sécurité, transparence, sur la plage. En maillot on ne se cache pas, on ne triche pas comme derrière son costume et sa cravate.

CZR : est-ce que la pratique du kitesurf chez les entrepreneurs est révélatrice d’un profil vraiment différent ?

Laurent Houitte : je ne sais pas. En tout cas dans le club ils sont plutôt atypiques, curieux et ouverts, ils ne fréquentent pas forcement d’autres clubs, ils sont plutôt sportifs. Quoique…

CZR : Joël De Rosnay soulève dans son livre « Surfer la vie » parle justement du rapport des nouvelles générations avec le travail et l’entreprise, de l’inévitable capacité d’adaptation nécessaire, d’initiative personnelle, de relations humaines plus horizontales que verticales, d’une hiérarchie davantage basée sur la compétence, sur les modes collaboratifs et le partage qu’ils connaissent sur le net. Ce qu’ils connaissent dans leur manière d’appréhender internet, est aussi ce qu’ils peuvent expérimenter dans les nouveaux sports, c’est ce qu’ils souhaitent en entreprise. Est-ce que ce constat fait écho avec ton expérience et celle de Kite & Connect ?

Laurent Houitte : oui cela décrit le monde pro dans lequel on vit aujourd’hui, notamment dans le monde des start-up
D’ailleurs c’est pour ça que l’on fait un concours de start-up tous les ans et que le vainqueur part avec nous en kite camp tous frais payés pour une semaine de coaching par les entrepreneurs du club et la découverte du kitesurf