Depuis toujours Red Bull est un créateur d’événements mais aussi un redoutable producteur de contenu. L’exercice est même au coeur de la stratégie marketing de la marque depuis le début et il est toujours d’actualité.

Red Bull fait souvent appel aux meilleurs réalisateurs/cadreurs/photographes disponibles et le résultat est souvent à la hauteur de ce qu’attendent les passionnés de surf, de moto-cross, de snowboard, de mountain bike, de ski, de skate, de BMX, etc…. Impossible d’ailleurs d’énumérer les nombre de disciplines dans lesquelles RB s’implique. Bien évidemment, Red Bull n’a pas le monopole du travail haut de gamme. Nous avons aussi parlé de Band-Originale, Camp4collective, The Farm League, EyeForce à divers occasions, d’autres réalisateurs talentueux également comme Arnaud Mps, Olivier Sautet ou Jérémie Eloy de Wanaï films. RB passe d’ailleurs par ce genre de boute de prod.

N’en déplaise aux professionnels du secteur, la voile n’a jamais cultivé cette exigence vis à vis de l’image en général qui est inhérente, à des degrés divers certes, aux autres cultures pré-citées. Bien sûr, il y a de grands photographes de voiles, des réalisateurs talentueux mais on ne peut pas comparer avec ce qui s’est passé dans le surf par exemple ou dans le ski. On citera quand même Rolex pour sa politique très qualitative au travers par exemple de collaboration longue avec des gens comme Carlo Borlenghi ou Kurt Arrigo. On parle de photo. En surf, et ce puis le désormais regretté John Severson, le visuel est une « matière » à peine entière, une partie intégrante de la culture et un des moyens par lequel elle se transmet. L’image est ausi un des courroies de transmission du marketing mais c’est un débat différent. Autre exemple, les magazines de voile se sont rarement souciés de la qualité de la mise en page ou du choix de la typo quand d’autres directeurs artistiques dans d’autres domaines se réclamaient de l’influence de Neville Brody et The Face par exemple. Pour ne pas dire du Bauhaus de risque de trop intellectualiser… La culture graphique ou visuelle n’est pas un élément fondamentale de la voile, c’est un constat. Par contre, il y a lien entre le voile et la peinture.

Depuis le développement des reflex qui filment (Le premier Canon 5D mark II), de la GoPro et l’arrivée de caméra comme la RED, la production vidéo a fait un bon en avant colossale. Les drones ont ensuite démultiplié les possibilités. Dans certains secteurs, il y a une véritable guerre de l’image. Là, c’est du marketing. Red Bull pour en revenir à eux, a produit The Art Of Flight pour le Snowboard, puis The Fourth Phase ou Where The Trails Ends en mountain Bike tandis que la voile gardait une approche plus classique.

Tout cela change progressivement. Des réalisateurs issus d’autres univers arrivent dans la voile et posent leur propre regard mais d’après ec qu’on sait, l’évolution est assez lente. Les américains d’Oracle ont également mis les moyens depuis qu’ils ont pris la Cup en main et initie un mouvement de fond. Il y a eu également de belles choses sur la Volvo Ocean Race, nous en avions parlé à deux reprises.

La Cup vient d’avoir les honneurs de la série RAW 100. Produite par Red Bull justement C’est une immersion étonnante, une sorte de quintessence du récit par l’image. Le principe. 100 secondes, le son d’origine, des angles chocs, un montage dynamique mais surtout une vision. On oserait presque dire que ce n’est pas aussi abouti que ce que Red Bull produit d’habitude, mais les conditions de tournage sont extrêmes. Le résultat est bluffant.

Ceci est la voile de demain qu’une poignée d’équipages développent aujourd’hui du coté des Bermudes…. Enfin, la voile qui se regarde pour paraphraser Alain Loret car il est fort probable que la voile qui se pratique soit différente pour le commun des mortels.