Re-diffusion codezero. Billet initialement publié le 27 mai 2015.

« Nous espérons vous faire participer à notre émotion esthétique liée à la construction de cette moto que nous avons voulu immortaliser à travers ce film The Genesis »

La phrase est bien cachée, au bout du communiqué qui accompagne ce court métrage, elle n’est aucunement mise en exergue, mais elle est bien là. Aussi étonnante soit-elle. Alors bien sûr, La Parisienne, vénérable société d’assurance s’explique et le discours est très recevable :

« La Parisienne, est une compagnie d’assurance qui existe depuis 1829. Dans un récent communiqué accompagnant ce court-métrage, on peut lire ceci « Nous avons vaillamment survécu aux mouvements de fusion et au gigantisme de notre industrie tout en gardant ses spécificités. Crée afin d’assurer les glaces des calèches au 19ème siècle, tout naturellement nous avons gardé notre passion pour les engins roulants. Nous avons voulu marquer notre attachement aux risques que nous assurons en créant des motos uniques avec des personnes qui nous ressemblent. »

La communication moderne a conduit les marques, depuis des décennies, à enjoliver – à divers degré, certes – la réalité (de leurs produits, de leur identité) si ce n’est à la déformer. Ne soyons pas naïfs, nous n’entrons pas forcément dans l’ère de la transparence absolue mais le développement du marketing de contenu est cependant une « opportunité » pour certains acteurs de jouer la carte de l’authenticité. Nous sommes passés de l’ère de la communication à l’ère de la discussion entend-on aujourd’hui dans les sphères communicantes. Accessoirement, ce sera peut-être un moyen pour vous et moi de mieux discerner la sincérité.

Cette collaboration entre La Parisienne et l’atelier parisien Blitz Motocycle, qui est sans doute celui dont le travail est si spécifique, tend aussi à prouver que ce retour de la moto vintage n’est pas forcément qu’une mode, mais bien un courant dont l’influence est multiple, quand bien même ce cycle ne serait que passager. Il est question non seulement d’un mouvement esthétique, mais bien d’un nouveau rapport à l’objet. Peut-être alors peut-on espérer une évolution de la relation entre le client et la marque.

Archives codezero. Billet initialement publié le 21 décembre 2014