C’est à la fois une vidéo institutionnelle et une vidéo produit. C’est aussi une très belle vidéo d’action et une parfaite invitation à vous rendre à Mauï. L’île d’Hawaii où s’est écrite l’histoire du windsurf et où une part de l’histoire du kite s’est également déroulée.

Elle montre assez bien le chemin parcouru par les kiteboarders et par « l’industrie » du kite, en l’espace de 15 ans. En 1998, il n’y avait qu’une poignée de pionniers sur du matériel assez rustique. En voyant ces images, on peut mesurer à quel point le paysage nautique a changé depuis les années 70.

Les catamarans Hobie Cat font déjà souffler un vent de liberté quand ils arrivent en Europe en 1971. Dès 1975, il y a une fabrication dans le sud de la France. Fin des années 1970, c’est l’arrivée de la planche à voile sur le littoral. D’abord engin de plage, objet de loisir, la planche est intégrée assez vite dans l’univers de la régate et finalement dans l’esprit « bateau », ce qui n’est pas sa vocation au départ. Tout comme le catamaran, elle a été inventée par des surfers. Aux débuts des années 80, vous connaissez l’histoire, les surfers et autres audacieux se ré-approprient l’engin, la transforment, la raccourcissent et vont dans les vagues.  Fin des années 90, c’est l’ère du kitesurf , une invention française, il n’est jamais inutile de le rappeler.

Il me semble qu’en France, a toujours existé une « fracture » entre les passionnés de voile et les adeptes de la « glisse ». Mon hypothèse est que c’était une fracture générationnelle et culturelle à la fois. Comme il y en a eu dans la musique par exemple. Pour shématiser à l’extrême, je dirais qu’il y avait d’un coté la génération Moitessier (né en 1925) et de l’autre la génération Robby Naish (né en 1964). Bien que ce parallèle ne soit pas entièrement saistifaisant, Moitessier était très moderne, très anticonformiste, peut-être plus que beaucoup de marins aujourd’hui et même de surfers.

Mais restons en à ce parallèle de générations. Il en découle aujourd’hui un certain nombre de changements de comportement dans le rapport à la mer et on peut penser que ce changement est sous-estimé par les institutions en charge de ces questions. Bon, j’ai conscience que le texte de ce spot va au delà de la vidéo en elle-même, mais en le regardant, je n’ai pas pu m’empêcher de penser : « quel type de rapport à la mer peut séduire un jeune aujourd’hui : le kitesurf, le surf, le stand up paddle ou le laser entre des bouées… »

A votre avis ?

Le problème, c’est qui si l’on se risque à faire de la prospective, ça induit tout un série de questions. Si le bateau veut offrir un alternative à la glisse dont on sait qu’elle ne peut séduire tout le monde, quelle offre peut-il développer ? On en revient à ce que j’avançais dans mon billet « Les mythes constitutifs de la voile » et « Ce que la voile peut apprendre de la glisse »

Dernier point et non des moindres. Après Robby Naish, c’est le designer des ailes qui intervient dans cette vidéo pour parler du développement produit. C’est un français, Damien Girardin, qui est responsable du développement des ailes Naish.

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6 Responses to Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le kitesurf, par Robby Naish, CEO de Naish International…

  1. […] C'est à la fois une vidéo institutionnelle et une vidéo produit. C'est aussi une très belle vidéo d'action et une parfaite invitation à vous rendre à Mauï. L'île d'Hawaii où s'est écrite l'histoire…  […]

  2. Guillaume Sapin dit :

    un jeune d’aujourd’hui peut tout aimer: j’ai l’exemple très concret et très proche de moi, d’un jeune de 17 ans, qui baigne dans l’univers paternel de la glisse depuis sa naissance, qui aime surfer, faire du SUP, kiter, voire faire un peu de windsurf, comme papa, mais qui n’aime rien tant que de régater entre 3 bouées en laser! il tutoie le haut niveau national et européen, il aime se battre et aller vite, plus vite que les autres, sur le support ultra classique qu’il s’est choisi, avec toutes les règles que la régate impose, et il aime m’accompagner pour une petite session de surf relax, tous seuls sous les falaises… comme quoi!

  3. Code Zero dit :

    C’est aussi pour cette raison que j’ai demandé votre avis. Merci pour ce témoignage Guillaume. Tant mieux. Je ne suis pas « contre » le sport fédéral, je trouve juste qu’il s’adapte mal. Je ne rejette pas totalement la compétition traditionnelle. Et c’est cool si tu partages tout ça avec ton fils… :=)

  4. Guillaume Sapin dit :

    juste pour préciser, je ne suis, à titre personnel, pas du tout investi dans la compétition, quelque soit le sport, ça m’a toujours laissé de marbre. mais je voulais souligner qu’on pouvait aimer à la fois la compète dans l’acceptation de ses règles les plus strictes, et les sports sur un mode libre.
    je constate aussi au fil de tes billets que tu opposes justement le côté free, et sans contrainte des sports alternatifs et le côté compétitif, encadré voire coercitif des sports traditionnels. mais tu sais comme moi qu’on peut pratiquer la voile (par exemple) en parfaits hédonistes, adeptes de la ballade ou des départs au surf sans la contrainte des bouées à passer. et que le surf, le kite ou le FMX font l’objet de compétitions internationales acharnées et donc codifiées… comme quoi l’antagonisme entre ces différents sports n’est pas si simple. bon, pour l’athlétisme ou l’escrime, j’avoue, on est loin du beachbum californien 😉

  5. Code Zero dit :

    Tu as tout à fait raison, j’ai cette tendance. Sans doute parce que le sport « fédéral » est naturellement tourné vers la compétition et que les valeurs de la compétition sont à mon avis top ancrées dans le sport. Elles déterminent trop le sport et c’est justement la grande qualité des nouvelles pratiques de redéfinir la pratique. Mais je conçois qu’on puisse aimer les deux. Et personnellement, je suis fidèlement sur le net les compétitions de SX au UAS, j’ai fait de la compet en MX et en enduro, je sais que la « course » a ses vertus…

  6. […] formes (l’aspect nouveau est à relativiser) de pratiques que sont la planche à voile, le kitesurf ou le SUP et la première erreur serait de penser que ça ne concerne que les jeunes puisque le […]

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