Terje Haakonsen est un snowboarder norvégien qui a dominé le snowboard version freestyle aux débuts des années 1990. On ne s’attardera pas aujourd’hui sur son palmarès, sachez qu’il fut la référence en half pipe de nombreuses années, avant de devenir une sorte d’icône du snowboard. Pas moins. Terje est une légende.

Quand le snowboard fut introduit aux Jeux Olympiques, et que le débat pour savoir si c’était une malédiction ou une opportunité, faisait rage, alors qu’ il était naturellement très bien placé pour y aller et réceueillir breloques en métal et accessoirement contrats, gloire et dollars, il boycotta les sélections et déclara en substance que les Jeux Olympiques étaient une compétition entre les pays et que cela ne correspondait pas à la philosophie du surf des neiges

Vous apprécierez ou peut-être pas du tout l’ambiance de ce film ( signé Sebastien Zanella de Desillusion Mag, on reconnait le style si marqué de cette publication), mais on y découvre probablement l’essentiel sur Terje et notamment ses racines donc sa culture et ça explique pourquoi il était en mesure de prendre de la distance avec le rouleau compresseur du business. C’est à relativiser certes, après tout Haakonsen a été pro-rider, le snowboard, donc le « commerce » qu’il dénonce lui a aussi permis d’exister et de gagner de l’argent, mais sa position reste respectable car elle en en partie recevable. C’est précisément quand elles prennent une certaine dimension que ce genre de disciplines se dénaturent partiellement au contact de « partenaires » commerciaux d’une autre envergure, d’un autre univers et qui sont là pour des raisons exclusivement mercantiles pas toujours compatibles avec l’état d’esprit initial.

Personnellement, ce qui me semble le plus intéressant vient à la fin, mais sa sagesse toute « terrienne » pour ne pas dire « paysanne » me plait bien. Quand bon nombre de champion veulent laisser une « trace », Terje relativise ce lieu commun et ça fait du bien. Effectivement, l’important est ce que l’on retire du sport, sur le plan personnel, pas ce que les autres en diront 50 ans plus tard. C’est un des buts que « propose » pourtant le sport traditionnel à travers ses grandes compétitions. C’est le concept d’entrer dans l’histoire, d’écrire la légende et si on y réfléchit bien, c’est très discutable.