Je n’ai pas fait ce blog, ni le précédent pour parler de moi, je crois que mes lecteurs peuvent en attester. Mais sans doute pour les mêmes raisons que de nombreux romans sont auto-biographiques, un blogueur puise aussi dans son propre périmètre pour alimenter sa réflexion, ses recherches ou ses analyses.

Sur le strict plan professionnel, codezero.fr, encore bien davantage que tendancebleue est le résultat direct de mon expérience. Dans mon cas, le personnel et le professionnel sont intimement liés. Au début des années 90, le livre d’Alain Loret que je salue au passage et avec qui j’ai eu l’occasion d’échanger longuement cet été, le livre d’Alain Loret donc, intitulé « Génération Glisse » m’avait profondément marqué parce qu’il expliquait les « ressorts » dont résultait l’émergence de la glisse. Quelque part, il expliquait après coup, ce que j’avais pu vivre  de l’intérieur en quittant mon job en bureau d’études et ma banlieue pourrie pour le vent et les vagues.

Plus tard, devenu journaliste, j’ai souvent cherché à produire des sujets qui sortaient du strict cadre du « journalisme sportif » (récit + résultats) et à ce titre, les magazines de windsurf ont été un laboratoire fabuleux. Rendons hommage à Hervé Hauss pour avoir su nous élargir l’horizon aux débuts des années 80 avec WIND. Aujourd’hui, parce que la vie consiste à essayer de mourir moins bête, ce blog est l’occasion pour moi d’explorer en profondeur les thèmes qui me tiennent à coeur. C’est pourquoi codezero aborde les nouvelles tendances du sport sur le plan humain, culturel, économique ou même sociétal. Je n’ai pas la prétention d’être sociologue, par contre, je crois avoir au cours des 25 dernières années, acquis une très bonne connaissance « transversale » des sports dont je parle ici. Pour y avoir été complètement « immergé » et m’être souvent interrogé et documenté pour acquérir suffisamment de recul. Aujourd’hui plus que jamais.

Bref, vous ne lirez pas ici le classement de l’ASP, ni la moindre anecdote sur Kelly Slater, par contre j’attire votre attention sur ce livre de Anne-Sophie Sayeux dont j’ai pu découvrir de longs extraits sur le net. Je crois les doigts, j’espère qu’il est encore dispo, je le commanderai et y reviendrai sûrement à l’avenir. La seule lecture de quelques pages m’a fait découvrir ce lien vers Alain Corbin et Marc Augé, je sens que ce livre (dont le pitch est ci-dessous) sera une belle « session ». Pour revenir à la source de cette réflexion, je vous invite à écouter cette émission de France Culture : L’espace des surfers

De là, à ce que l’on reparle ici de maritimité, il n’ya qu’un pas….

61rdG1MZJpL._SL1383_ » Qui n’a pas vu, se promenant le long de la côte atlantique, lorsque le bruit des vagues électrise l’air ambiant, ces hommes ou ces femmes, avides, se jeter à l’eau et ramer vers les vagues?  » Pourquoi ces individus acceptent-ils d’affronter les éléments, le froid ou encore les autres pratiquants, dans l’espoir d’attraper une vague? Qui sont-ils? Qu’est-ce qu’être surfeur? C’est une plongée au cœur de cette pratique que nous propose Anne-Sophie Sayeux, en posant un regard tout à la fois compréhensif et distancié sur la pratique des surfeurs. Résultat d’une enquête socio-anthropologique menée sur le terrain durant trois années, entre les côtes basque et landaise, ce livre témoigne et analyse la parole des surfeurs et surfeuses, en répondant à cette question :  » Que font réellement les surfeurs quand ils disent qu’ils font du surf?  » Pour la première fois, ce monde nous est donné à voir dans son intimité. Pratiquer le surf est constitutif d’une identité propre au sein des mondes contemporains. Surfer, et surtout, devenir surfeur s’acquiert par  » la fabrique des surfeurs  » : une transmission traditionnelle, en dehors des normes fédérales. Être surfeur, c’est un mode de vie particulier, dans les interactions avec les autres pratiquants, dans le rapport à la nature, dans la relation au corps, mais aussi dans les questions de masculinité et féminité. Ce monde singulier, doté d’une mémoire partiellement stigmatisante, bien loin de la  » contre-culture  » dont on a bien voulu l’affubler, est désigné par le reste de la société. Le surf, qui oscille entre jeu et sport, par son irrespect et sa transgression des normes et des valeurs dominantes, se dessine comme une des parades permettant de mieux vivre les crises sociales contemporaines. C’est à travers les failles de la société que s’est infiltré le rapport au monde spécifique des surfeurs, avec ses propres codes »