Re-diffusion codezero. Billet initialement publié le 3 juin 2014.

L’idée du surf trip est consubstantielle au surf. Pourtant, il faut savoir dépasser le mythe de la vague parfaite ou celui de l’endless surfer même si ce sont de belles idées.

On voyage pour découvrir d’autres lieux, des vagues différentes et d’autres gens. C’est déjà beaucoup. Mais aujourd’hui, il est possible que le surf trip en lui-même ait besoin de se renouveler  faute d’ un sens suffisant. En effet, le surf, le windsurf ou le kitesurf, même si leurs ressorts sont légèrement différents, nous mènent dans des endroits comparables. Des lieux idylliques s’ils sont vus via le prisme occidental, des pays pauvres sous le simple filtre de la réalité. On ne ressort jamais indemne de ce dilemme. Nous allons jouer là où les autres survivent. Rendre son voyage « utile » à quelqu’un, c’est lui donner une autre perspective.

« Land of », une série de web-documentaires, est donc une belle histoire. Non seulement ces films (notamment le deuxième dans ce post avec cette très belle intro où le couple surfe la même vague) donnent du surf  une image sereine et apaisée qui colle davantage avec l’idée que l’on se fait de ce sport, mais en accordant du temps à l’orphelinat Baan Santisuk – où les enfants découvrent le surf, mais au delà réapprennent la confiance dans l’océan après le tsnunmi de 2006, ils apportent une vraie plus value existentielle à leur voyage.

Je vous invite à lire l’interview de Stephan Hunt à la base du projet. Ce qu’il dit sur la notion de communauté dans les pays traversés et le partage. Evidemment, si on remet ça en perspective avec le surf, ça a du sens. De tous les sports de glisse,le surf est sans doute le plus beau, mais c’est aussi celui où l’individualisme est le plus prégnant. La vague se prend souvent au détriment d’un autre, avec tous les excès que cela peut générer au line up. Sur ce strict plan, le surf n’est pas en phase avec son image.

Ko-Phayam-grommet