L’histoire du film de surf est aussi vieille que le surf. Enfin presque, c’est une façon de parler. Très tôt, pour être précis dès les 60’s, des gens comme Bruce Brown, John Severson, Bill Delanay ou Jim Freeman ont réalisé des films dont certains sont rentrés dans l’histoire. Les choses se sont un peu gâtées par la suite. La vidéo d’action est devenue la norme et même si de très beaux films ont vu le jour, la quantité a souvent remplacé la qualité. Depuis la révolution numérique, la baisse des coûts de tournage et de montage, de nouveaux réalisateurs sont apparus. Vincent Laforêt, ex-photographe de sport a marqué les esprits avec First Look en 2009. On tournait déjà avec les premiers réflex, en l’occurence le 5DMark II, c’était un retour vers une démarche cinématographique, la qualité de la « photo » revenait au premier plan. Depuis, et ce n’est pas valable que pour le surf, la qualité des productions va grandissante et le passionné de surf et d’images désireux d’avoir quelque chose de consistant, y compris sur le point intellectuel ou philosophique, a de quoi se mettre sous la dent.

Aujourd’hui circulent de véritables films d’auteur. Il n’est plus question d’empiler de l’action avec plus de densité possible mais de tenir un propos, de faire passer un « sentiment » (état affectif complexe et durable lié à certaines émotions ou représentations nous précise le Larousse), voire de laisser une empreinte.

Alombre présenté par Totombottom qui signe les images, le montage et la musique (démarche d’auteur par essence) rentre évidemment dans cette catégorie. C’est une réflexion, pas un film de « sport », c’est filmé et monté avec soin, le surf y est représenté comme il doit l’être. On pourrait aussi citer Beyond The Tide de Romain Juchereau. Son regard est celui d’un auteur mais sa démarche relève peut-être autant du documentaire.

Les italiens de Block10 dont nous avons longuement parlé ici, mais aussi des gars comme Jason Baffa, ainsi qu’ Alessandro Ponzanelli et Samuele Malfatti nourrissent aussi cette tendance qui rend au surf ses lettres de noblesse et qui l’affranchissent du surf business.

Autre enseignement à tirer de cette tendance, la vidéo permet aujourd’hui de donner à voir aux réalisateurs, le film tel qu’ils l’ont voulu. Rien ne vient modifier ou filtrer leur idée initiale. L’audace, la différence, la singularité, le talent peuvent ainsi arriver intacts sur les écrans. Une vertu qui devrait à mon sens faire réfléchir la presse magazine. Son fonctionnement pyramidale, la propension des rédacteurs en chef à recadrer, niveler les propos pour en faire une pâte lisse censée correspondre à l’identité du magazine (quand il en reste une) rendent de trop nombreuses revues incapables d’audace justement. Le débat d’idées y est absent, le contenu devient insipide. Or le contenu vidéo entre en concurrence avec le papier. Il remplit en partie la fonction qu’avait un magazine il y a 30 ans. Mettre en contact le passionné avec l’objet de ses rêves.

Voici le pitch d’Alombre. Autant dire qu’on adhère à la démarche

« Perdu entre eaux calmes et sessions caverneuses, un film de 37′ aux instants authentiques et singuliers sur la plus grande presqu’île française : le Médoc. »

A l’ombre d’Hawaï pour un Tahitien, du surf médiatisé pour un Canaulais, d’un handicap pour un Charentais ou d’un choix professionnel pour un Martiniquais, tombottom nous transporte sur des chemins de traverse à la rencontre d’individus libres et heureux de pratiquer leur art. Perdu entre eaux calmes et sessions caverneuses, un film aux instants authentiques et singuliers sur la plus grande presqu’île française : le Médoc.

Equipé de deux caméras, d’un micro, d’un clavier et d’un Mac, tombottom signe non seulement le tournage mais aussi la post-production dans son intégralité ainsi que la musique composée spécialement pour le film.

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