Il y a plusieurs raisons qui rendent cette séquence intéressante. D’abord, les plans, la voix off, la bande son présente et malgré tout discrète  font que vous allez instantanément être dans le vif du sujet. Si vous êtes réceptif à ce genre de récit bien sûr. Voilà pour l’aspect sensitif, instantané.

Ensuite, même si ces mots sont simples et rares, Christina Lusti ne parle pas pour aligner les clichés. Elle évoque la sensation ressentie en montagne (ça vaut pour l’outdoor), cette sorte d’évidence qui la caractérise. Tout semble simple, tout fait sens. Elle aborde aussi ces gestes cent fois refaits, ce scénario qui fait d’une journée en montagne ce qu’elle est, et là aussi on peut établir des parallèles avec le « schéma » d’une session de windsurf ou de mountain bike, ces moments qui précèdent l’action mais qui finalement font partie d’un tout, ce qui ce passe dans votre tête dans ces instants là, le questionnement, la réflexion, l’apaisement mais aussi l’excitation, le doute, parfois la peur. Et puis les mots entre amis souvent superficiels mais quelquefois essentiels.

Personnellement, je vois deux aspects très forts dans ce film. Christina confie qu’elle est souvent seule en montagne mais qu’elle n’y a jamais ressentie la solitude. Ca sonne juste. La montagne déclenche beaucoup d’émotions mais ne produit pas de solitude. Le cadre est trop grand, l’esprit est en expansion. Deuxième belle leçon abordée, cette solitude partagée justement. Vous et les autres. Vous avez la possibilité d’être seul(e) mais les autres enrichissent votre chemin. La solitude est nécessaire parfois, elle n’est pas une finalité. Les autres augmentent votre réalité. Enfin, si vous choisissez bien.  Est-ce ceci que  Christopher McCAndless n’a pas su saisir vraiment ?

Belle matière à réflexion.

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2 Responses to Solitude partagée. Tribute to Christopher McCandless ?

  1. Yann Da Mouelle dit :

    Mais comment avais-je pu passer à côté de ce post ?
    Cette réflexion sur la solitude trouve un écho particulier à ma propre réflexion.
    En effet, j’ai tenté une analogie (toute relative) entre notre aventure en voilier en Polynésie et le livre de Sylvain Tesson Dans les forêts de Sibérie. J’y trouve une certaine connivence, même si la notion de solitude et d’attitude érémitique y sont plus fortes avec Sylvain.

    Effectivement, lui aussi relève le paradoxe quand il dit, je cite : « Rien ne vaut la solitude. Pour être parfaitement heureux, il me manque quelqu’un à qui l’expliquer. »

    Autre parallèle avec un habitué de codezero, Kilian Jornet, quant à lui dans son deuxième livre La frontière invisible dit : « La solitude est difficile à comprendre, elle ne se partage pas. »
    Je pense que c’est à chacun de trouver sa place … à la fois dans sa solitude et à la fois dans le partage. Une histoire de compromis certainement, comme toujours dans la Vie.

  2. Code Zero dit :

    Content de te « revoir ».

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