Il y a plusieurs raisons qui rendent cette séquence intéressante. D’abord, les plans, la voix off, la bande son présente et malgré tout discrète  font que vous allez instantanément être dans le vif du sujet. Si vous êtes réceptif à ce genre de récit bien sûr. Voilà pour l’aspect sensitif, instantané.

Ensuite, même si ces mots sont simples et rares, Christina Lusti ne parle pas pour aligner les clichés. Elle évoque la sensation ressentie en montagne (ça vaut pour l’outdoor), cette sorte d’évidence qui la caractérise. Tout semble simple, tout fait sens. Elle aborde aussi ces gestes cent fois refaits, ce scénario qui fait d’une journée en montagne ce qu’elle est, et là aussi on peut établir des parallèles avec le « schéma » d’une session de windsurf ou de mountain bike, ces moments qui précèdent l’action mais qui finalement font partie d’un tout, ce qui ce passe dans votre tête dans ces instants là, le questionnement, la réflexion, l’apaisement mais aussi l’excitation, le doute, parfois la peur. Et puis les mots entre amis souvent superficiels mais quelquefois essentiels.

Personnellement, je vois deux aspects très forts dans ce film. Christina confie qu’elle est souvent seule en montagne mais qu’elle n’y a jamais ressentie la solitude. Ca sonne juste. La montagne déclenche beaucoup d’émotions mais ne produit pas de solitude. Le cadre est trop grand, l’esprit est en expansion. Deuxième belle leçon abordée, cette solitude partagée justement. Vous et les autres. Vous avez la possibilité d’être seul(e) mais les autres enrichissent votre chemin. La solitude est nécessaire parfois, elle n’est pas une finalité. Les autres augmentent votre réalité. Enfin, si vous choisissez bien.  Est-ce ceci que  Christopher McCAndless n’a pas su saisir vraiment ?

Belle matière à réflexion.