Nombreux sont ceux qui ont découvert Sebastien Montaz-Rosset à l’occasion de la sortie de « I believe I can Fly ». La qualité du film tenait autant à la personnalité de ces artistes du vide sur lequel il s’attardait, qu’à la qualité du regard qu’il portait lui-même totalement connecté à son sujet. On a vu depuis que ce n’était pas une coïncidence et que SMR était capable de reproduire la même « dimension » (de récit et de tournage) avec Kilian Jornet par exemple.

Avec Downside Up, Montaz-Rosset réussit (le film date de novembre 2013 et je viens juste de tomber dessus mais là n’est pas le problème) à merveille ce qu’il redonne à voir plus tard dans certaines séquences de « Dejame Vivir ». Il montre l’extrême, sans s’embarrasser de « dramaturgie », remet les choses à plat (si l’on peut dire), parvient à traduire l’envergure complètement hallucinante de ce que les riders sont en train de réaliser, sans négliger l’humour, en laissant même sa place à la dimension ludique de ce délire, sans toutefois démystifier bêtement. L’intensité est là, l’humain lambda pourra lui-même y introduire la tension qu’un telle pente peut générer, car le danger n’est pas absent loin s’en faut, il ne faut pas s’y tromper.

Mais au final, au travers des mouvements de caméra, des cadrages, des séquences, tout est dans la boite : la pente, la beauté de la montagne, la bande de potes hors normes qui partage un moment rare, la simplicité qui sied aux vrais « grands », la passion, l’engagement, le plaisir, l’accomplissement.

Seb Montaz-Rosset réinvente ou réécrit la montagne. Il a tout compris…