On va très bientôt reparler de nouvelles tendances de la moto mais en attendant, retour sur un post initialement publié le 12 juin 2015. Et codezero sera présent à The Bike Shed mi-avril à Paris. 

  • pourquoi les « vieilles » motos reviennent-elles à la mode ?
  • Quelles sont les racines de la culture garage ?
  • en quoi est-elle liée aux nouvelles tendances de la moto, au retour du « vintage »,
  • quelle importance a le retour du travail manuel dans cette mouvance ?

C’est un tout et c’est en mettant en ligne le post sur le retour en grâce de Steve Mac Queen qu’une hypothèse a vu le jour après une longue réflexion, de nombreuses discussions et quelques frappes téléphoniques chirurgicales. Le retour du vintage, traduit à notre avis, un profond changement et ce n’est sans doute pas une coïncidence si elle touche des générations nées entre grosso modo 1960 et 1980, aujourd’hui les 35/55. Ce sont tout simplement ceux qui ont le plus bénéficié de l’emballement industriel des années 70/80, des progrès de la technologie, de l’avalanche de nouveautés (en provenance du Japon souvent), et qui aujourd’hui se sentent un peu saoulés par cette chasse au millésime qui n’en finit jamais et qui à l’aune de la crise, se disent que cette course en avant a peut-être ses limites.

Le goût des motos vintage est en ce sens une façon de de désengager du cycle infernal des nouveautés, souvent portées par la technologie et exploité par le marketing, pour à nouveau privilégier le style (et non plus la performance pure ou la puissance argument marketing qui perd de son sens) et une forme de simplicité. Le retour aux anglaises en est un symptôme.

Comment expliquer aussi qu’un réservoir d’Husqvarna soit devenu un objet de collection ? Il correspond aussi à un retour vers certaines valeurs et matières du passé, au désir d’une moto plus personnelle donc non plus issue d’une chaine de fabrication de masse. Le cuir, la tôle, les motorisations « simples » reprennent le dessus sur le plastique moulé et l’électronique. On célèbre aussi le retour du « stylisme » via des ateliers comme Blitz, Roland Sands, Wrench Monkeys et tant d’autres et du travail « manuel » comme démarche « intellectuelle. On vous invite à lire l’essai intitulé « L’éloge du carburateur » chroniqué ici-même il y a quelques mois. On célèbre, le moteur, le « son » qu’il produit, sa puissance bien sûr mais surtout son caractère. La réalisation factuelle de la performance passe au second plan. C’est « l’esprit » de la moto qui compte, la liberté qu’elle signifie. Les valeurs chiffrées de la fiche technique ne sont plus si importantes. La « vibration » Harley ou le caractère d’une Triumph sont des déclinaisons de ce nouveau romantisme. Les modèles Scrambler redeviennent à la mode. Avoir une moto qui roule à 250 km/h serait peut-être bien une illusion. L’intégral enferme l’esprit et réduit le champ de vision. On « sent » mieux le monde à vitesse réduite et avec un bol sur la tête.

Iron & Resin est une marque quasiment inconnue en France (on peut la trouver dans certains shops comme The Royal Racer à Lyon ou sur le net chez Kulture-Moto par exemple). C’est son coté nouveau et « marginal » qui en fait son intérêt. Le propre des nouvelles tendances est d’être confidentielles au moins au début, vous en conviendrez

L’attrait de la marque tient aussi à son identité qu’elle cultive habilement notamment en vidéo ; Iron & Resin est un pur produit californien avec une double culture surf et moto. Son autre particularité est son style très « roots », j’abordais cette aspect dans le post « Les nouvelles tendances de la moto vont-elles influencer la mode« .

Ce qui est intéressant dans ce clip réalisé par Iron & Resin, c’est ce début d’explication de la culture garage (pour le sous-titrages en français allez dans CC, en bas et à droite dans la barre de défilement).