Archives Code Zéro. Post publié l’année dernière, plus précisément le 28 décembre 2015

Quelques données pour poser le contexte : (*sujet mis à jour ce matin avec trois précisions de nature économique, avec les liens. Je voudrais également signaler le témoignage d’Alain Kubacsi, journaliste spécialisé aux débuts des années 90 qui rappelait que l’hiver 1989-1990 les premières chutes de neige en Tarentaise ont débuté mi-février) :

  • L’impact d’un probable changement climatique en montagne est un sujet qui ne date pas d’hier. Quelles que soient les raisons de ce changement.
  • Ce début d’hiver 2015/2016 n’est utile que pour nous rappeler que les scénarios pessimistes peuvent parfois devenir réalité et qu’il ne faudra pas l’oublier même si deux mètres de poudreuse tombent début janvier où que l’hiver prochain débute avec une enneigement suffisant.
  • Si le paramètre météorologique est évidemment en haut de l’affiche, d’autres facteurs viennent s’y ajouter : économiques, sociétaux, environnementaux.
  • Les racines du ski alpin tel qu’on le conçoit aujourd’hui date du début du 20 éme siècle. La Fédération Internationale de ski est crée en 1924 et dans l’hexagone l’ESF, école de ski français voit le jour en 1937. La Fédération française de ski passe de 7 000 adhérents en 1930 à près de 50 000 en 193911. En 1938, l’Hexagone compte 6 téléskis et 11 téléphériques.
    Cet essor est bien sûr brisé par la Seconde Guerre mondiale nous dit Wikipédia
  • Le système actuel est l’héritage du Plan Neige : décidé en 1964, ce plan doit «déterminer un concept de stations d’altitude très fonctionnelles, au service du ski, fondées sur un urbanisme vertical, initier un partenariat unique auprès des collectivités et faire émerger une nouvelle génération de stations très performantes susceptibles d’attirer les devises étrangères». L’Etat emploie les grands moyens: mesures réglementaires qui excluent les habitants du lieu et octroi de prêts à taux réduits ». (Source Libération) « Le VIe Plan (1971-1975) intensifie l’effort de l’Etat….. sans débats, sans études de marché et avec la seule certitude de disposer des plus beaux domaines skiables d’Europe et d’un prochain boom sur les sports d’hiver. Méprisante pour la population ­ expropriée ­ ou pour l’environnement ­ ignoré ­, la méthode illustre les excès d’une technocratie adepte du secret et de la force de l’appareil d’Etat.
  • Mise à jour mardi 29 décembre au matin, vive la réactivite du net : un lecteur du forum skitour.fr qui a relayé le sujet de codezero faisait remarquer hier, dernier élément intéressant que les communes de montagnes faisaient partie des villes les plus endettées de France mais il est cocasse de remarquer que beaucoup de responsables appellent encore aujourd’hui à investir plus. Par contre, à l’instant, Jérôme de @blogskieur nous invitait à considérer également les recettes par habitants. Dernier témoignage sur l’excellente page FB « Humans of Chamonix » sur le transport de neige par hélicoptère. Edifiant

thermometreOn peut avancer sans trop de risque que la montagne est à un tournant de son destin. La possibilité qu’ont les stations de faire perdurer leur business model actuel avec la nouvelle clientèle issues des pays émergents sera la voie la plus facile, on peut compter sur les décideurs locaux pour se laisser glisser sur cette nouvelle pente tant la manne est à portée de main. Inventer un autre avenir sera beaucoup plus aléatoire et difficile comme toujours. Il est évident que les activités « alternatives » comme le snowkite, le fatbike, le VTT de descente et autres tendances sympathiques dont on parle ici ne replaceront pas le « ski » tel qu’on l’a connu aujourd’hui. Pas plus que la voiture électrique n’est une solution crédible à la voiture standard pour l’instant. Mais il s’agit bien ici de discuter de l’avenir. Voici une série de liens, qui pointent vers des thèmes de réflexion chers au think tank codezero, d’autres vers de sujets parus dans la presse et qui abordent aussi la nécessaire réflexion que doit engager le monde montagnard dans son ensemble.

Demain, skier sur l’herbe ?

L’hiver sans neige sonne le glas du ski industriel

A l’heure du réchauffement climatique, quelle alternative en montagne ? : l’exemple du Fat Bike dans le Yukon

Quel avenir pour les sports d’hiver ?

Les nouvelles tendances du VTT et le tourisme en montagne

Sainte-Foy-Tarentaise : 100 tonnes de neige par hélicoptère

Pour la première fois, une station de sports d’hiver remplace le ski par le VTT

Demain, vous irez en montagne pour faire du stand up paddle

VTT, territoires et tourisme. Le Jura fait rêver les anglo-saxons

Comment pratiquera t-on la montagne à l’avenir ?

La montagne 2.0 se pratique aussi en vélo

Climat : l’alpinisme estival va-t-il disparaître ?

 

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3 Responses to Quel avenir pour une montagne sans neige ?

  1. […] Quelques données pour poser le contexte : L’impact d’un probable changement climatique en montagne est un sujet qui ne date pas d’hier. Quelles que soient les raisons de ce change…  […]

  2. AlainVdl38 dit :

    Bonjour,

    J’ai relayé votre article sur Skitour, et je trouve vraiment bien que vous l’ayez enrichi des commentaires qui ont été postés sur ce site.
    Bravo pour vos articles en général que je trouve intéressant.

  3. Code Zero dit :

    Bonjour Alain. De rien, j’ai trouvé sympathique que vous ayez enrichi le débat, apporté des précisions, je viens encore de rajouter un lien sur un témoignage trouvé sur la page FB de Human of Chamonix, c’est comme ça que ça doit fonctionner. Merci à vous et au forum skitour

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