L’idée, c’est de voir à long terme et de ne s’interdire aucun scénario. Un exemple : l’automobile ne fait plus rêver les jeunes générations et ce changement de comportement n’est pas limité à la France. Pour preuve, ce sujet sur slate.fr et cet autre article sur lemonde.fr.

Qui aurait prédit un tel revirement ? Qui aurait pensé qu’un téléphone et d’autres paramètres perturberaient ce beau marché qui se croyait à l’abri de perturbation de ce genre, qui pensait surtout que le désir qu’il engendrait serait éternel et survivrait à tous les excès ?

Déplaçons nous en montagne. Acceptons de voir la réalité sur un autre angle. Il est en effet quelquefois difficile de comprendre pourquoi ce système économique marche encore :

  • Les sports d’hiver sont hors de prix. C’est un fait que les professionnels relativisent sans cesse.
  • Se les payer, c’est aussi s’offrir un parcours du combattant. Le client n’est pas roi, il est mouton
  • La route pour s’y rendre est souvent un cauchemar en période scolaire
  • Toujours en période scolaire (la plus grande partie des clients), c’est l’assurance de faire l’expérience de la foule : pour acheter son forfait, pour louer ses skis, pour réserver l’école de ski pour les enfants, aux courses le soir.
  • Diminuer la fragmentation de services n’a jamais été une priorité
  • Le plaisir n’est pas facile pour autant après toutes ces étapes passées.
  • Toujours en période scolaire, l’attente aux remontées est garantie, la foule sur les pistes également
  • Vous êtes certes dans un environnement agréable mais mécanisé, balisé et surtout marchand

Enfin, et c’est peut-être là les questions essentielles, se posera à court terme l‘impact du réchauffement climatique en moyenne montagne, ainsi que le problème énergétique qui influera sur les coûts. Devant tant de contraintes, qui peut dire que les comportements ne changeront pas et que les nouvelles générations qui par essence bousculent l’ordre établi ne finiront pas par se dire que tout ça est aberrant.

Le snowkite est une des nouvelles tendances en montagnes. C’est une activité encore élitiste pour plusieurs raisons, il est possible qu’elle reste encore longtemps marginale. Le propos n’est pas de dire qu’elle remplacera la pratique actuelle, mais elle donne à réfléchir. Demain, la montagne se pratiquera sans doute de façon différente. C’est dans cette optique qu’il faut considérer les avantages du snowkite :

  • Le snowkite ne nécessite pas de remontées mécaniques.
  • Le snowkite a besoin de neige mais peu (dans le contexte de ce début d’hiver …) et pas forcément de pente
  • Il peut se pratiquer en plaine, partout où il y a de la neige pourvu qu’il y ait juste un peu de vent. Pour cette raison, le snowkite est déjà mondial
  • En ce sens il redéfini la territorialité du ski, sa nature, ouvre la porte à de nouveaux territoires, de nouvelles pratiques
  • Contrairement au ski traditionnel, on peut le considérer comme une activité « verte »
  • Il offre une image de sport outdoor en phase avec un monde plus harmonieux, voir décroissant
  • la dimension aérienne vue dans le film n’est absolument pas obligatoire. Le snowkiter peut passer sa vie au sol.

Le snowkite peut se pratiquer avec au pied un surf des neige ou des skis. Son apprentissage pourrait s’avérer plus simple que le ski qui reste un sport exigent. Certes il faut un peu de vent mais à long terme, gardez un oeil sur le snowkite. C’est enfin, un sport « libre » ou seule la quête du plaisir est importante, un sport où la vitesse est très relative.

Si vous avez lu l’article avant le film, regardez le film, vous allez mieux comprendre. Alors évidemment, les stations ont encore un bel avenir devant elle, ne serait qu’avant les nouveaux « entrants », les pays émergents et leur lot de nouveaux consommateurs. Mais attention, le retournement du marché japonais reste un mauvais souvenir pour les fabricants de ski et l’avenir, ça s’anticipe sur le long terme….

 

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6 Responses to Quel avenir pour les sports d’hiver ?

  1. Sur l’Aubrac, l’hiver 1m – 1m50 de neige habituellement (exceptionnellement plus).
    Des km² et des km² de surface sans rien … rien de rien : les troupeaux sont redescendus dans les étables, les quelques clôtures basses sont sous la neige (au pire, si ça dépasse, c’est quelques centimètres à sauter)
    Tu te fais le chemin de St Jacques en kite.. du pélerikite quoi … 😀
    Impossible pour moi de refoutre les cares en stations…

  2. Code Zero dit :

    Et ben voilà…. tout est dit. Mais c’est sans doute parce que vous êtes un d’jeune, rebelle, n’est ce pas … :=)

  3. yard dit :

    Les affirmations sur les sports d’hiver sont vrais pour les grandes stations. Il y a toujours des petites stations moins hautes, verdoyantes et surtout plus calmes et pas cher ! Même en périodes scolaires, ça ne se bouscule pas. Je ne vais pas donner d’exemples sinon on ne sera plus tranquilles l’hiver prochain 😉

  4. Needle dit :

    le problème du snowkite, c’est le même en pire que celui des stations de moyenne montagne: avec le réchauffement climatique, l’enneigement des plaines et des vallées va fondre comme neige… bref! bientôt il faudra choper la première benne aux Grands ou à l’aiguille pour pouvoir gonfler son aile le premier en haut et faire sa trace sur les derniers flocons!

  5. […] A travers l’exemple du snowkite, nous évoquions déjà le mois dernier l’avenir des spo… et la nécessaire remise en cause du système actuel dont les limites sont de plus en plus claires, pour preuve ce reportage diffusé récemment par Xénius sur Arte. […]

  6. […] de nos réflexions sur les évolutions possibles des pratiques de loisirs en montagne, cette fois-ci encore en hiver avec la présentation de ce très séduisant concept de […]

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