L’image a toujours été une véritable « matière première » dans l’univers de la glisse. En ce sens, le surf était avant-gardiste sur ce point puisque la place de la photo, la sélection photo étaient déjà des paramètres primordiaux dans les revues spécialisées il y a plus de trente ans. Je pense évidemment à Surfer Magazine, mais des générations de photographes et de lecteurs ont aussi bavé sur Surfing, ainsi que sur les magazines australiens. Mais le soin apporté au visuel ne se limitait pas à ça. La direction artistique, la maquette, la typographie faisaient partie des choix artistiques parce que l’identité des magazines et la relation avec le lecteur donc son adhésion, se jouaient là aussi. Le sujet que codezero a publié sur John Severson montre que le graphisme était de toute façon un sujet sensible bien avant.  Severson était également photographe et peintre alors que les éditeurs d’aujourd’hui sont juste des commerciaux. Ceci explique cela.

Lorsque le windsurf est arrivé en France, des magazines comme WIND se sont calés sur la même ligne de conduite, avec la réussite que l’on sait. La passion passait toujours par l’image, la maquette, la typo, l’identité graphique même si ça n’a jamais été aussi loin que pour des titres plus généralistes comme The Face (référence à Neville Brody) ou Esquire. Je pourrais aussi parler des magazines de Skate ou aujourd’hui de ceux BMX comme Soul ou ART BMX qui « voient » également les choses de cette façon alors que par exemple, les magazines de voile n’ont jamais fait ce travail. Ils ont publié pléthore de photographies formidables, prises par les références de la photo de voile, et de reportages pointus mais ça n’a jamais été vraiment bien graphiquement exploité. Le leader Voiles & Voiliers est toujours maquetté d’une façon basique. On peut penser que leur lecteurs ne sont pas demandeurs puisque ça ne l’empêche pas d’être le titre le plus diffusé et la référence. Evidemment, la forme de ne doit pas l’emporter sur le fond mais avoir les deux ne peut pas nuire.  En quelque sorte, la forme peut aussi faire partie du fond…

Le culte de la belle image demeure dans le milieu de la glisse. Dans les revues de snowboard, dans les revues de ski comme Fluid par exemple.

Capture d’écran 2014-03-15 à 16.11.22

Justement, la transition est toute trouvée. Ce culte de l’image se retrouve en vidéo. En surf, en skate, en Mountain Bike et dans la plupart des disciplines alternatives, on cherche à faire du « beau ». Par plaisir, parce que c’est aussi un lien culturel et identitaire. Les sports de glisse et de les disciplines alternatives se nourrissant de cela, je me tue à vous le dire…

L’arrivée des boitiers reflex apportant qualité extraordinaire, maniabilité et ceci à un prix abordable, a permis à beaucoup de créatifs et de passionnés de devenir réalisateurs et ceci en quelques années à peine. On peut faire un vrai film avec un Canon 7D. On peut citer The Coastal Crew, collectif de riders canadiens en mountain bike ou dans un tout autre genre, Seb Montaz, qui avec son boitier, un stabilisateur et un 14 mm a réalisé une merveille, « I Believe I can Fly ». Il avait, certes, une fabuleuse histoire à raconter, mais il a su la mettre en image. Et quelles images. L’arrivée des caméras très haut de gamme a permis de faire encore un pas. Aujourd’hui, la qualité est aussi une question de moyen et à ce jeux là, Red Bull met la barre assez haute, c’est une euphémisme. On peut citer The Art Of Flight pour le snowboard ou Where de Trails ends pour le mountain bike (et qui rappelle les films de skis freeride..), deux films références mais Red Bull Media House est désormais une « usine » à beaux films.

Cette séquence est une des dernières en date mais elle est significative. De l’envie, du talent devant et derrière la caméra, et beaucoup de moyens. En l’occurrence une caméra Phantom et une stabilisateur Mövi.

Non seulement le résultat est complètement bluffant, mais je pense que c’est bien le making off qu’il faut retenir, je vous invite à déguster les deux. Tout a été réfléchi et même storyboardé. Le passage à l’acte est également une vraie performance. Pour info, c’est aussi de cette manière qu’à travaillé l’équipe de Band-Orginale, les couturiers de l’image de Montpellier (réalisateur des films F.One en kite dont Manera et Antandroy), pour un film, Surface 2, réalisé pour Honda, j’en reparlerai plus tard

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One Response to Quand la glisse pousse l’art de l’image à l’extrême

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