Archives code zéro. Post initialement publié le 8 janvier 2014.

Parmi les sujets récurrents de ce blog, on trouve les nouvelles tendances du VTT. La vidéo qui suit, nonobstant le fait qu’elle met en scène Brian Lopez, un pilote d’envergure mondiale, montre une pratique proche de l’Enduro, la discipline qui se développe le plus en France depuis quelques années.

Tout d’abord en quoi consiste l’enduro en VTT ? C’est un nouveau format de compétition mais beaucoup de « riders » font de l’Enduro sans jamais s’aligner derrière une ligne de départ. Prenons le problème à l’envers. Qu’est-ce qu’un vélo d’Enduro ? Pour répondre à cette question de façon imagée, il faut visualiser ce qu’est un VTT classique. Le VTT classique est un vélo de Cross Country. Un vélo pour aller se promener en tout-terrain, tout chemin dirons nous, doté d’une géométrie optimisée pour ce que l’on fait le plus en vélo, c’est à dire pédaler. Un vélo de X-Crountry est fait pour pédaler le plus efficacement possible, notamment en montée. C’est un modèle dans la droite ligne de la culture cycliste où l’effort est le mètre-étalon. A l’autre bout du spectre, on trouve le vélo de descente. En caricaturant à peine, c’est une petite moto de cross sans moteur. Le pédalier est fait pour relancer, reprendre éventuellement de la vitesse en pleine descente, mais il est illusoire d’espérer aller se promener avec un vrai vélo de DH (donwhill en anglais), ni même de pédaler en montée. Dans ce cas, il faut descendre et pousser, se cantonner aux stations ou faire des rotations entre le haut et le bas en voiture. Par contre, l’engin est redoutable sur la piste à condition de descendre vite. Si on place un curseur entre le modèle de X-crountry et le vélo de DH, un vélo d’enduro est à 60% un vélo de descente. Sa géométrie, ses suspensions, la position qu’il offre lui permettent d’être très efficace face à la pente, tout en préservant des capacités en montée à condition de ne pas être exigent en termes de rendement. On « paye » le manque d’efficacité pure à la montée par une grande aisance en descente, mais un vélo d’enduro est capable d’aller partout et finalement la discipline est très complète. Sur le plan sportif d’abord : il faut en effet avoir à la fois avoir une grande forme physique pour emmener un vélo qui pèse 15 kg,  doté de gros pneus, et un bon bagage en pilotage pour l’exploiter au mieux en descente. Sur le plan éthique je dirais que l’enduro est une belle invention. Les descentes sont le fruit de la montée. Pas de bruit, pas de CO2.

Aujourd’hui cette relative polyvalence fait des vélos d’Enduro, une catégorie très prisées des amateurs de nouvelles tendances du vélo. Etant donné le prix élevé de ce genre de machines aujourd’hui très sophistiquées (à noter que l’enduro est également une catégorie sur laquelle la bataille commerciale et technologique fait rage), très souvent des CSP + ou des gars qui se saignent. Ceux que l’on retrouve sur les chemins les WE, ou en stations l’été et qui déboulent en famille. Certaines régions et stations l’ont bien compris, d’autres moins. Mais beaucoup pourraient en tirer un meilleur parti. J’habite en Provence et peu de choses sont réellement faites pour ce type de clientèle.

Cette vidéo est intéressante dans la mesure où elle ne montre pas une pratique absolument extrême comme les films de la Red Bull Rampage qui sont à la limite de la science fiction, même si je vous l’accorde, le Brian Lopez en question va très vite. Par contre l’Enduro est une discipline dans laquelle le pratiquant peut davantage se projeter. Le pratiquant amateur de sensations fortes et sportifs. Pas forcément le « grand » public mais l’expérience du terrain montre que les adeptes des sports engagés comme le windsurf, le surf, le kitesurf ou le snowboard, plébiscitent la pratique de l’enduro. Et ils sont nombreux.

Dernière précision. Il serait erroné de penser que cette discipline est réservée aux jeunes. Une nouvelle génération de sportifs est arrivée avec la planche à voile aux débuts des années 80. Ces passionnés voyaient et voient toujours le sport autrement, loin des structures fédérales, des valeurs du sport traditionnel. Cette génération là a aujourd’hui 50 ans, elle a des gamins de 15/18 ans et ceux qui suivent sont dans la tranche 25/40. Effectivement, sous les casques, on voit en station ou ailleurs, souvent, des tempes grises. Ce n’est pas péjoratif et économiquement, on peut-être étonné que ce phénomène ne soit pas encore davantage pris au sérieux au plan touristique, donc au plan économique.

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