Loin de nous l’idée de vouloir trop intellectualiser le débat sur les nouvelles pratiques sportives mais nous persistons à penser que le sport vit depuis quelques décades une profonde mutation et que les nouvelles tendances du sport dont nous parlons ici sont le fruits de motivations complètement différentes et sortent du strict cadre du sport tel qu’on l’entendait jusqu’à présent.

L’outdoor est un grand mot qui ne suffit pas toujours à signifier tout ce qu’il englobe. L’outdoor, c’est vous et ce que la nature vous permet d’être. Il ne s’agit plus de faire une performance mais de vivre une expérience et ce quelle que soit votre activité et votre niveau, ce que met parfaitement en valeur ce clip de The North Face.. La recherche du bien être, une certaine forme de déconnection voir de philosophie remplace les règles. Les qualités physiques ne sont pas mise en oeuvre pour produire un résultat, un chiffre, une valeur ajoutée sur les autres, votre corps, votre esprit et votre coeur sont mobilisés pour produire un équilibre, le vôtre. Ce qui n’exclue pas le challenge, certains en ont besoin. Le stade, la salle, le gymnase ou la piste, bref, l’aire délimitée, est remplacée par la nature. Ca change tout.

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2 Responses to Nouvelles tendances du sport : en outdoor, le désir remplace l’ambition

  1. Alexandre dit :

    Bonjour,
    La question est, me semble-t-il, qu’appelez-vous les “nouvelles tendances”. Sur quoi vous basez vous pour dire que telle pratique fait partie des “nouvelles”, telle autre, non.
    Les nouvelles tendances que vous présentez existent depuis au moins les années 60. Peut-être même, sûrement d’ailleurs, avant, mais l’histoire, en tout cas celle que je retiens, oublie lorsque c’est trop vieux.
    Vous écrivez donc un article, plusieurs d’ailleurs, sur les “nouvelles tendances” sans que j’en sache la définition. J’ai certainement sauté une case.

    Aujourd’hui, en France, le sport roi est le foot. La tendance est à toujours plus d’investissement, toujours plus d’emprunt, un décalage toujours plus important entre la réalité “du peuple” et la vie des joueurs, entraîneurs, dirigeants, actionnaires. Le rugby gagne en popularité et on y constate les mêmes tendances. Le hand et le volley également. Pour le tennis c’est le cas depuis bien longtemps et la tendance est au renforcement de ces caractéristiques.
    Les nouvelles tendances du sport sont donc loin de celles que vous décrivez.

    À l’opposé, des pratiques sportives marginales, cherchent d’autres valeurs et débouchés. Vraiment ? Cela reste à voir. En skate, l’arrivée de Nike sur le marché a été bloquée par les pratiquants pendant toutes les années 90 et une bonne partie des 2000. Puis Nike a réussi à entrer dans le jeu. Aujourd’hui, les boutiques de skate, des plus “core” au plus “supermarché”, vous diront que c’est grâce à Nike qu’ils tiennent, c’est avec Nike qu’ils font leur plus grosse part des ventes.
    En snowboard, rappelons-nous la bataille de Terje Haakonsen, leader incontesté, emblème du sport, durant les années 90 et une partie des 2000, contre la fédération internationale de ski, contre les JO, contre les compétitions aux critères strictement sportifs. Le résultat est que la position de Terje a été marginalisée, les JO sont devenus un moment important de ce sport, les X-Games sont loin de l’univers que vous décrivez de ce qui seraient des nouvelles tendances.
    Aujourd’hui bien sûr, on peut estimer que le skate, le snow, le surf sont des pratiques déjà vieillissantes. Je ne suis d’ailleurs pas loin de le penser “à titre personnel”. Mais les nouvelles pratiques que l’on pourrait, que vous qualifierez, de “nouvelles tendances” ne sont-elles pas justes des pratiques qui ne sont pas encore assez mâtures pour participer à la curée financière où tombent tous (?) les sports ?

    Dans les années 90, j’ai fait un petit peu de compétition en skate. Quelques bons résultats, mais je ne m’y retrouvais pas. J’avais quelques petits sponsors qui me suivaient. J’ai décidé d’arrêter la compétition pour me tourner strictement vers le plaisir de la pratique et j’en ai profiter pour produire des photographies. Mes sponsors étaient contents, ils s’y retrouvaient plus financièrement (retombées) que quand je faisais de la compétition. J’avais de petits sponsors et pourtant ils s’intéressaient aux retombées que je leur procurais. Dans une certaine logique, c’est normal.

    De-là, puis-je en conclure que les “nouvelles tendances de pratique” de telle ou telle activité sportive sont dictées par le pool de sponsors disponibles pour le sport ?
    Si de petits sponsors, alors le lifestyle sera mis en avant. Si de gros sponsors, alors la compétition et le tout public primeront. Et en allant un peu plus loin, si de petits sponsors qui réussissent alors l’arrivée des gros sponsors. J’en arrive à penser que “les nouvelles tendances” que vous décrivez ne sont que la preuve de la on maturité de ces sports. Quand ils l’auront, on retombera dans la – bête – compétition, avec juges, et consorts. Bien sûr, il y aura toujours quelques exceptions.

    Le raisonnement que je suis est assez noir, pessimiste. Certes. Pourtant je pratique sans relâche ce genre de “nouvelles tendances” depuis 28 ans déjà. Alors à l’idée de nouvelles tendances, j’oppose l’abandon du sport, de l’intérêt, de l’esprit. D’un point de vue politique, je dirais que, étant “de gauche”, je renonce à voter pour le PS, le PC ou tout parti électoraliste pour me tourner vers d’autres formes d’organisations sociales. Je mets la droite et la gauche dans le même sac pour le dire plus brutalement, ce qui ne m’empêche pas de conserver dans ce sac une “échelle du pire”.

    Puisque je lis vos articles par le biais du milieu de la voile, voyons un des événements phare : le Vendée Globe.
    On nous y parle d’engagement, de beauté du geste, de dépassement (mais comment peut-on se dépasser ? ce concept philosophique me semble tout à fait impossible), mais ceux qui paient sont des grandes banques (dont certaine citée dans les Panama-papers, au passage…), des assureurs (bonjour l’esprit du risque…), des gros fabricants en BTP (bonjour la nature…).

    Après ce long post, peut-être pourriez-vous redéfinir précisément ce que vous appelez “nouvelles tendances”. Mais peut-être également n’ai-je fait là qu’un grand hors-sujet et dans ce cas, mesdames et messieurs, veuillez m’en excuser. 🙂

    Merci pour votre site qui me fait réfléchir.
    Bonne journée.

  2. Code Zero dit :

    Bonjour Alexandre. Merci pour ce très long commentaire. Vous soulevez un point capital. Oui, quelles sont les nouvelles tendances ? En fait, il serait plus adapté de parler de nouvelle culture sportive, nous avons beaucoup réfléchi, travaillé et écrit à ce sujet. Effectivement les nouvelles tendances sont nées au milieu des années 70, souvent en Californie. La plupart sont assez bien implantées, elles correspondent à une pratique mais elles restent « nouvelles » dans le sens où la culture sportive dominante reste le sport fédéral, le club, la compétition, l’entrainement, le résultat. Je vais y revenir. Pour la voile, c’est une autre histoire. La course au large est devenue une fenêtre publicitaire.

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