Hervé Bouré lance sa propre marque de matériel de kitesurf il y a tout juste deux ans. A l’époque, c’est le freestyle sur lequel toutes les marques ou presque misent pour leur communication globale, la tendance strapless se confirme mais aucune certitude ne permet de penser que dans un milieu aussi versatile, elle se maintiendra dans le temps. On constate tout de même un gros décalage entre ce que le rider « lambda » pratique, la réalité des spots, et l’image que projettent les « majors ».

Bouré y croit et n’y va pas par quatre chemins. Il présente des planches haut de gamme, superbes, mais sans insert. Donc réellement et uniquement destinées à être utilisées sans straps. Dans l’absolu, mettre quelques inserts n’aurait pas changé grand chose, un peu de poids sans doute, mais ce choix relève surtout de l’identitaire. HB, c’est strapless ou rien. Stratégiquement, c’est aussi osé que risqué.

Au moment de baptiser ses modèles, la stratégie est du même tonneau. Les deux principaux modèles sont la « Bonaparte » et la Lafayette ». HB surfkite joue une nouvelle fois à fond le positionnement identitaire en choisissant des personnages historiques caractérisant l’identité française, rebelle, à fort caractère. Mais en allant si loin dans l’histoire avec un grand H, il prend un nouveau risque. Quel rider actuel voudra que sa board s’appelle « Bonaparte ». On se rappelle du choix de A Snowboard ayant osé à fond le décalage en baptisant un modèle « Marc Dorcell » du nom de producteur de porno… et qui lui a valu (à priori) un gros plantage.

Sans doute pour de stricts raisons financières, HB Surfkite se positionne une nouvelle fois sur le créneau « french touch » en tournant ces clips dans le sud de la France où est basée la marque. Le choix du noir et blanc lui permet cependant d’afficher un image décalée et sophistiquée. On peut penser que cette proximité avec son public lui permet de marquer des points mais rien ne dit que ce choix séduisent les bretons.

Mais globalement, la sauce prend. Le matériel est performant, l’image de marque s’installe doucement et la tendance strapless devient une vraie réalité. Non pas uniquement grâce à HB surfkite,  mais bien parce que cette nouvelle orientation répond à une attente. Lors d’une discussion Hervé m’avait d’ailleurs confié : « au fond, on rêvait tous d’être des vrais surfers ». L’analyse est juste et la tendance strapless résulte de cette envie profonde.

HB surfkite fête ses deux ans avec un clip qui est remarquable à tout point de vue. Non pas parce que les images sont exceptionnelles, les autres marques comme Naish, F.One, Cabrinha ont des moyens incomparables pour produire des clips des grandes qualités et tourner aux quatres coins du monde, mais par le ton employé, les choix graphiques et les choix faits en termes d’identité de marque.Le ratio investissement/retombées doit être favorable.

Les racines sont au sud, le clip est tourné à Marseille avec de nombreux plans urbains. Le strapless est une discipline liée au surf, l’ombre du skate n’est pas loin. Le montage est très soigné, l’utilisation du slow motion est massive, c’est toujours mieux pour mettre en valeur de belles actions, certes mais qui dans l’absolu ne pourraient pas forcément rivaliser avec les grosses productions concurrentes tournées en Californie, à Hawaii ou aux Fidji. Cerise sur le gâteau, une voix off éraillée à souhait déroule un texte de Bukowski. J’ai vu depuis d’où leur était venu cette inspiration mais les idées sont faites pour être recyclées, remixées, Led Zep a fait pareil, c’est le jeu.

Dans l’absolu, difficile de mesurer l’impact de choix aussi osés, mais il reste une certitude, HB Surfkite continue de cultiver sa différence, son identité, en quelque sorte sa « marginalité »… Dans un univers comme celui des sports de glisse, c’est vital. Reste à savoir si ça fonctionne sur le plan économique, nous n’avons pas l’info au moment où nous écrivons ces lignes.

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4 Responses to Marketing osé et disruptif avec Bukowski en voix off

  1. Mps Moups via Facebook dit :

    merci pour ces mots, tu as vu juste dans ce que nous voulions faire transpirer à travers ce clip.

  2. Alors, c’est que tu as bien bossé…

  3. PS : je l’ai écrit le 9 juillet, je ne sais pas pourquoi ça a trainé tout ce temps là dans le buffer du blog…

  4. Hervé dit :

    C’est exactement ça. Il n’y a pas vraiment de scénario derrière tout ça, j’essaye juste de retranscrire à travers le marketing d’HB-SURFKITE les sensations que me procure cette forme se glisse…

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