Le vélo a une place très particulière en France. C’est un loisir très pratiqué, le marché est conséquent, il s’est vendu 2,8 millions de vélos en France en 2013, soit davantage que le nombre de voitures (1,8 million). 1,5 milliard d’euros, c’est le chiffre d’affaires du secteur vélo toujours pour 2013, en hausse de 3,1% par rapport à 2012. Une grande majorité des vélos achetés ont pour destination le sport ou le loisir, notamment le VTT mais le marché de la mobilité urbaine serait en progression.

La France n’est pas la Hollande, ni le Danemark, loin s’en faut et si les français aiment passionnément le vélo, il me semble que le Tour de France et la culture du cyclisme qui va avec, domine largement leur vision collective de la bicyclette. Ce n’est en aucun cas un reproche mais une constatation. Tant et si bien que le vélo urbain, le beau vélo, le vélo un peu différent qu’il soit fixie ou autre, est non seulement minoritaire, mais souvent catalogué comme un objet de bobos ou d’excentriques, quand les nouvelles tendances du VTT, elles, sont reléguées à mon sens un peu trop vite dans la case « sport extrême ». Par ailleurs, pour une autre grande majorité d’utilisateurs qui n’adhèrent pas à l’aspect sportif du sujet, le vélo est un moyen de déplacement, pas une culture, encore mois un objet avec lequel on a une « relation » passionnelle.

Il y a pourtant de multiples façons de d’appréhender et d’aimer le vélo et les signes démontrant cette forme d’adhésion existent bel et bien. En mars dernier, j’avais parlé ici-même de ces nouveaux lieux hybrides à la faveur d’un sujet publié par Libération, et que la journalistes avait nommé les « bicycletteries ». Des sortes de nouveaux types de magasin de vélo, lieu de convivialité et d’art de vivre, à mi chemin entre le café et le shop « classique », avec un positionnement moins terre à terre qu’un lieu de vente traditionnel, donc davantage axé sur le style et cette « autre » culture du vélo.

Si nous remettons ça sur le tapis aujourd’hui c’est en raison de cette toute nouvelle vidéo réalisée pour la marque Levi’s. Elle montre un vélo/objet pas systématiquement différent d’ailleurs mais une relation et une utilisation très liée aux mouvances urbaines, à la culture street, ainsi qu’à la mode. Elle montre un vélo qui n’est ni un « simple » moyen de transport, ni un objet sportif. Levi’s n’est pas la seule marque à s’y intéresser mais sa seule présence et sa ligne de vêtements dédiés suffit à donner du poids. Rien ne nous interdit de cultiver ici aussi cette vision du vélo.