Archives code zero. Ce billet initialement publié le 8 septembre 2014 est un des fondamentaux du think tank. 

Bella Vita est un film de surf réalisé par Jason Baffa, produit par The Farm League que j’avais chroniqué ici-même dans le blog, en mars dernier. Tout comme Peninsula et les films des italiens de Block10, Bella Vita avance une autre image du surf et c’est en revoyant le trailer hier soir, que nous ait venue l’envie de vous en reparler.

En titrant « l’Europe peut-elle réinventer la culture surf ? »,  nous ne faisons que souligner l’idée suggérée par le film, à savoir que le surf peut-être envisagé, pratiqué et vécu de différentes manières. Le surf est une attitude, une démarche autant qu’un sport, et même si à l’évidence, sa finalité consiste toujours à surfer une vague, l’influence anglo-saxonne, de l’Amérique et de l’Australie notamment, ne peut pas forcément s’appliquer au monde entier.

Peninsula ou Bella Vita montrent justement une version beaucoup plus équilibrée du surf, plus apaisé sans doute, une autre manière de le vivre. Le réalisateur s’appuyant sur le retour de Chris Del Moro (américain) dans son pays d’origine (l’Italie), et en mettant clairement en avant des valeurs comme l’art de vivre, les amis, la tradition et même la famille. Baffa s’affranchit des codes en vigueur dans la vidéo et tourne autant le dos aux séquences d’action ou seul compte l’engagement et la puissance, sans aucune autre considération, tout en réinventant l’idée même du surf trip, sorte de mythe dont il convient tôt ou tard d’accepter les limites.

En ce sens Bella Vita ne nous revend pas une fois de plus bsfn-bv-dt7-1du mythe préfabriqué mais nous propose une réalité séduisante, que tout un chacun peut aller expérimenter en Italie. Alors certes, il y a des limites à l’exercice. Tous les surfers méditerranéens savent combien la pratique de la vague sous ces latitudes en appelle à la patience mais chaque automne et chaque hiver nous prouvent que des vagues déferlent dans cette belle flaque bleue.

Si Bella Vita met évidemment le surf comme sujet central, il suggère aussi autre chose que les vidéos d’action et une pratique mieux intégrée dans la vie. Le surf participe d’ une démarche globale, il n’est plus juste une obsession sans déclinaison intellectuelle.

Le berceau de la civilisation occidentale est en Méditerranée et le point G du surf de grosse vague s’est déplacé au Portugal (Nazaré), en Irlande (Mulhagmore) et sur la côte Basque (Bellara) depuis quelques hivers. Et si l’Europe réinventait la culture surf pour y ajouter une dimension existentielle et culturelle ?

Bella Vita,a été récompensé au London Surf Festival, à Cologne, San Sebastian et encore plus surprenant au festival de film de surf de Byron Bay en Australie, ainsi qu’à Santa Barbara au beau milieu de la Californie. Une preuve que la vision qu’il défend est partagée

A lire sur le même sujet : 

Culture surf, art de vivre et Méditerranée sont compatibles… 

C’est l’heure de la culture maritime post-moderne 

Le surf sans formatage commercial

Surf trip et plus value existentielle

Les italiens inventent le film d’auteur en surf

Voyage, surf, moto, liberté, et amitié. Deus Ex Machina décline l’essence du surf trip 

La place des femmes dans le surf