Chacun a sa propre représentation de la voile. Elle est directement fonction de votre culture, de votre vécu personnel, elle dépend aussi de l’image qu’en véhiculent les différentes médias au sens large du terme. Nous avons en France une vision particulière de la voile dont nous n’avons pas à rougir puisque les anglo-saxons, qui n’ont pas du tout la même, en arrivent à nous l’envier parfois comme en témoigne un des derniers éditos de Sailing Anarchy.

On peut tout de même regretter que notre culture de la régate, donc du résultat normé, chiffré, masque trop ce qui se vit à bord. Pour avoir souvent été embarqué en régate (voile classique, Wally, Orma 60, Imoca, IRC, maxi-yachts) pour les prises de vue, pour avoir passé des jours et des jours sur des plans d’eau lors de grands événements, nous avons vécu des sensations qu’aucun classement ne peut traduire : la distribution des rôles, le travail d’équipe, le travail physique, l’aspect stratégique, la lutte avec le vent, ces moments de tension inouïe lors d’un départ en flotte, l’engagement à la première bouée, ces instants d’absolu aussi quand vous croisez un 100 pieds surtoilé lancé comme un magnifique obus. Rien de cela ne transparait dans un classement. C’est pourtant ce que la voile a de meilleur à offrir, c’est pourtant ces valeurs là que les publicitaires viennent chercher.

Ce film tourné aux voiles de Saint Barth traduit assez bien ce que l’on ressent à bord d’un voilier de course et c’est là sa qualité. Film signé Martin Keruzoré & Théo Reynal, additional footages : Sea Events, vignette photo en homepage du blog : thierryseray.com

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2 Responses to L’esprit d’équipe, le goût du large et ce subtil sentiment ressenti à bord d’un voilier de course

  1. JP Riou dit :

    Bonjour Thierry,

    Superbe et talentueuse video, elle donne envie d’ « en être ».
    Exactement comme les reportages photos d’ Erwan Quemere ou Christian Fevrier dans les 60’s 70’s ont donné envie d’en être à des dizaines en mer, des centaines en dériveur.

    Tu a raison, les différents médias sont en cause. Aujourd’hui à défaut de héros (S.A) on offre des « vedettes » aux spectateurs -des « jeux  » pour les lecteurs, la voile par procuration.

    A côté de l’extrême « spectacle » du Tour de France nouvelle formule, bien peu de commentaires et aucune explication sur les tournants du Figaro, évidents sur le tracker à 6mn. Rien de mieux sur la Volvo et là il fallait se concentrer sur l’ AIS.

    Alors: paresse des médias ou adaptation nécessaire à un public zappeur sans vraie culture de la discipline. Sans doute un peu des deux. Au delà de l’audience nécessaire, les journalistes sont issus du public, pas de la discipline, et les pratiquants de bon niveau ne sont sans doute pas plus nombreux qu’il y a 40 ans.

    Enfin: comment fait on pour « en être » quand on est Français et pas anglo-saxon?

  2. thierry dit :

    Bonjour Jean Paul. Enchanté de te croiser ici. Je te répondrai mercredi, je pars 3 jours dans l’Ubaye pour des photos.

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