Archives code 0. Billet initialement publié le 20 juillet 2014. Plus que jamais d’actualité

Ceci n’est pas une simple vidéo de VTT. C’est l’histoire d’un même rêve partagé par trois hommes à 80 ans d’intervalle, celui de traverser l’Islande en vélo. Horace Dall en 1933. L’ingénieur et astronome anglais aime la solitude. Il se lance dans la traversée du plus grand désert d’Europe, il n’a qu’une carte minimaliste, pas beaucoup plus grande que sa main. Dick Phillips et ses amis en 1958 font de même. The rough stuff fellowship était un club destiné à sortir des sentiers battus et de rouler où aucun vélo n’était jamais allé avant. Et enfin, le troisième, Harald Philipp qui réalise ce périple en 2013.

p5pb11099918Harald Philipp en ramène ce film précieux. Dans un certain sens, il est dans la même perspective que celui chroniqué dans le post « Le VTT renouvelle l’esprit routard ». Cette aventure personnelle, comme l’aventure collective des gars qui sont allés dans les Andes, remet en question l’idée même du voyage, enfin, c’est ce qu’il nous semble. C’est un peu la raison pour laquelle, nous nous sommes risqués à ce parallèle avec le guide du routard. Jusqu’à présent, on partait loin avant tout pour « voir ». Découvrir un pays, sa culture, faire des rencontres et « visiter » comme on dit. A partir des années 70, le surf trip a été un « modèle » très séduisant pour une génération qui y a vu à la fois une raison et un moyen de voyager différemment. Voyager pour surfer d’autres vagues, s’imprégner d’autres ambiances, intégrer d’autres visions du monde également, vivre à une autre rythme ou gouter à la bière locale… Aujourd’hui, on voyage toujours pour voir et découvrir bien entendu, mais l’association d’une pratique sportive est de plus en plus courante avec en général un but bien précis. Grimper un sommet, affronter une paroie vue dans un magazine, parcourir un beau trail, naviguer dans les alizés, glisser dans un lagon qui n’a pas son équivalent, ré-éditer une trace particulière, revivre une aventure comme c’est le cas ici.

Dans notre veille internet, nous voyons cette semaine comme les précédentes, les départements français vanter les mérites du patrimoine, du paysage, de la gastronomie et de l’oenologie. Il est évident que ce sont des atouts majeurs pour le tourisme français qui du coup focalise sa communication dessus. Il s’agit de communication institutionnelle. Mais s’il faut avoir une vision à long terme et réfléchir à ce qui motivera dans un proche avenir les touristes et on ne parle pas uniquement du tourisme de masse et des visites guidées en autocar, mais bien de toutes les composantes qui forment le flux total des visiteurs, il faut considérer le VTT, les sports nautiques, l’outdoor, toutes ces disciplines qui attirent un public moins nombreux dans l’absolu, mais dont la dépense sur place est plus importante, qui viennent souvent à des périodes différentes et qui sont des relais de croissance incontournables. Le voyage thématique n’est en lui-même pas un phénomène nouveau, par contre, le poids des sports de glisse et de toutes ces disciplines alternatives dont on parle ici-même dans le blog codezero est amené à croître et il peut devenir très précieux pour le développement de certains territoires qui possèdent une richesse « outdoor » ou maritime indéniable. Rappelez vous, les skate est arrivé en France dans les années 70, la planche à voile dans les années 80. Ces passionnés qui avaient 20 ans à l’époque ont vieilli depuis. Et cette cible, souvent encore très active, n’a pas les mêmes attentes que la génération précédente.

Ce film mérite également votre attention dans le sens où il offre aussi une autre image du VTT, loin des pratiques un peu formatées. Ce n’est pas de la descente, ni de l’enduro, c’est du VTT moderne à la limite, ça pourrait être une belle définition du « freeride ».

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