Archives codezero. Billet initialement publié le 27 mars 2014. 

En 2014 déjà, nous avions publié un post suite à un sujet lu dans Les Inrocks. Nous parlions de l’initiative d’une ONG afghane qui attire des jeunes filles de Kaboul vers un embryon de système scolaire avec un unique outil le skate. Le titre était « Quand les filles font du skate en Afghanistan »

Oui, le skate, pas le foot, ni le tennis ni un autre sort académique, mais par le skate. Un truc qui a une image « rebelle » et dont même les maires des bourgades des pays occidentaux ont peur, parce que leur administrés craintifs veulent protéger leur trottoir.

Ce genre d’initiative montre que les sports alternatifs ont beaucoup plus d’intérêts et de résonance que l’on veut bien l’admettre sous nos l’attitudes hexagonales où la vision du sport date des années 60 et que leurs qualités peuvent s’exporter. 

Plus tard, nous sommes tombés sur plus renversant encore. Deux femmes se sont mis en tête d’aller surfer en Iran. On sait que ce pays n’est pas uniquement baigné par l’obscurantisme mais ça reste une contrée qu’on connait mal et qui est associée à la peur, à une vision oppressante de la religion et surtout on a à la fois la sensation d’un pays sous cloche et la certitude qu’il y a là-bas de gens qui aspirent à plus d’ouverture et de liberté comme l’avait montré les mouvements dans la rue il y a quelques années. Tout comme pour le skate en Afghanistan, des gens courageux essayent de faire bouger les lignes. Que ce soit au travers des sports que codezero.fr se propose de mettre en avant nous réjouit, parce que justement, le skate, le surf ont quelque chose de très particulier qui peut rassembler.

On peut changer le monde par petit pas. Ce qui suit est le texte de présentation du projet que l’on peut lire sur la plate forme Kiss Kiss Bank Bank. Nous sommes bluffés et vous devriez l’être aussi.

« En 2010, la réalisatrice française Marion Poizeau et la surfeuse Irlandaise Easkey Britton sont parties pour explorer les côtes iraniennes. Leur motivation lors de ce premier voyage était de savoir s’il était possible de surfer en Iran et si une femme pouvait se mettre à l’eau sans problème.

Parti d’une simple curiosité, ce voyage a eu beaucoup d’impact pour les deux femmes. Grâce à un petit film diffusé sur Internet, de nombreux iraniens et iraniennes ont pris contact avec elles pour savoir si elles pensaient revenir.

Alors trois ans plus tard, elles ont décidé de repartir pour partager leur passion pour le surf et faire un nouveau documentaire sur cette unique expérience. Elles ont également créer une fondation « Waves of Freedom » qui a pour mission d’utiliser le surf comme moyen créatif  positif pour participer aux changements sociaux. Sur ce site, on peut voir un petit teaser du documentaire en cours de préparation.

Au delà du surf, il ouvrira le débat sur le sport féminin. Il montrera le contraste entre la région très traditionnelle du Baluchistan et la mégapole de Téhéran où Mona va nous montrer que le sport féminin est déjà très développé. On verra pourquoi il est si important pour les femmes iraniennes de pouvoir pratiquer un sport malgré les règles de conduite et les règles vestimentaires qu’elles doivent impérativement respecter.

Le surf n’existait pas en Iran. Le documentaire montrera comment trois sportives, Easkey Britton, surfeuse Irlandaise, Mona Seraji, ambassadrice du snowboard féminin en Iran et Shalha Yasini, nageuse iranienne vont suivre leur passion pour le sport et réaliser l’impensable: introduire le surf en Iran. Des femmes qui vont au delà des barrières culturelles et des préjugés pour pratiquer ce nouveau sport dans la région très isolée du Balutchistan. Une région plus célèbre pour son trafic d’opium et ses attentats que pour ses plages magnifiques aux portes du désert.

Elles vont encourager d’autres iraniennes à se mettre à l’eau et créer le premier club de surf iranien. Une de leurs motivations est de rendre le sport accessible à tout le monde.

De la rencontre avec les élus religieux locaux en passant par la découverte d’une région presque inconnue, les images montreront comment les filles couvertes de la tête aux pieds vont encourager hommes et femmes à se joindre à elles.
Il montrera aussi comment grâce au surf, les femmes deviennent actrices du changement dans une région où on ne les attendait pas. »

Marion Poizeau

« Réalisatrice, j’ai grandi dans les Alpes. Ma passion pour la région et pour les sports extrêmes m’a motivée à faire mes premières images et à débuter dans la réalisation de flms. Lors de mes nombreux voyages à travers le monde, j’ai toujours flmé et écrit des histoires sur les personnes que je rencontrais. J’ai récemment terminé deux documentaires qui ont été diffusés sur France Ô. Un premier documentaire sur Easkey Britton qui est devenue la première femme à surfer en Iran. Un second sur mon carnet de voyage dans le Kurdistan Irakien. Suite au succès du surf en Iran, j’ai décidé de repartir pour prolonger cette incroyable aventure humaine. Je pense que le sport est un vecteur d’échanges et de partage et par conséquent de paix. A travers ce documentaire, Je veux montrer que parfois de belles histoires peuvent arriver, quelle que soient les circonstances et l’environnement, grâce à la passion et la détermination. »

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