Re-diffusion codezero. Post du 4 mai 2014

Don’t let go est un documentaire sur le windsurf sorti en 2013. Nous insistons sur ce mot windsurf qui en France semble presque incongru. Pourtant il porte la signification même de ce sport qui associe l’idée du surf et celle du vent. Il est difficile de savoir jusqu’où va le pouvoir des mots mais si le terme « planche à voile » a traduit cette belle invention en un terme simple, accessible et compréhensible par la ménagère de moins de 50 ans, nous aurions presque tendance à dire que cette appellation, banalisée à l’extrême, aura un peu renié à ce sport si fabuleux sa dimension véritable. Mais passons.

Don’t Let Go donne une très belle image du windsurf et même si le film se focalise sur le destin de quelques riders professionnels, les images traduisent bien l’esprit et révèlent aussi la richesse du windsurf : les voyages, la découverte du monde, les rencontres, une expérience de la mer totalement inédite, révolutionnaire dans sa simplicité. Le windsurf proposait, bien avant l’arrivée du kite, une confrontation épurée, élégante et sportive avec le vent ou les vagues, et offrait en prime bien sûr la liberté qui va avec ce genre de quête. De plus, le windsurf, dès son arrivée, apportait une réponse individuelle et moderne à la pratique de la mer…

Pendant l’été 2015,  alors que Jean Marc Barr interprétait à l’écran Jack Kerouac,  déclarait ceci : la génération «beat» avait entre 20 et 30 ans dans l’immédiat après-guerre, elle n’avait pas envie de suivre la tranquillité proposée par Eisenhower à l‘époque ; la maison, la famille… Ils étaient dans l’exploration intellectuelle. Ils cherchaient un fortune spirituelle, pas le fric. C’étaient des aventuriers qui cherchaient, à travers le territoire des États-Unis, une liberté individuelle. » Il est sans doute possible de faire le même genre de parallèle avec le sport traditionnel. Dans les années 80 est apparu le désir de vivre le sport autrement

Cette lecture des choses est très intéressante, nous aimons beaucoup cette idée de fortune spirituelle, on ne parle pas de religieux là, restez calme mais bien d’épaisseur existentielle comme nous le disions dans le post la glisse, un nouvel usage du monde. Risquons nous à un parallèle : au début des années 80, le windsurf a été pour beaucoup une sorte d’évidence, une aventure personnelle, une façon de lier sa vie à la mer, nous vous invitons également à relire le post « La glisse et les nouveaux nomades« . Le windsurf aura été une réponse, pour une partie des pratiquants au moins, à cette quête de fortune spirituelle. Pourquoi refuser d’ailleurs, cette dimension supplémentaire du sport, celle dont Bonatti a si bien témoigné pour la montagne ou Moitessier pour la voile.

Le windsurf aura été une issue, pour une partie des pratiquants au moins, à cette quête de « capital immatériel ». Vivre une expérience et non plus uniquement faire du sport. C’est peut-être un peu, finalement ce que ces images nous disent

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3 Responses to Le sport peut être une quête de fortune spirituelle

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