Archives codezero. En raison de l’actualité et du billet « L’insoutenable légèreté du kite », je remets celui-ci dans la timeline du blog. Initialement publié le 12 mars 2014.

Les sports de glisse ou les sports alternatifs sont régulièrement assimilés à des sports extrêmes. Ca n’a pas que des avantages..

En effet, si ce qualificatif est tout à fait adapté pour le speed riding, pour le wingsuit ou pour le base jump, il ne l’est pas forcément pour toutes les autres disciplines. Certains sports peuvent effectivement être pratiqués de façon extrême, c’est le cas du mountain bike quand il est mijoté à la sauce Red Bull Rampage, on peut aussi faire du VTT de façon beaucoup moins déraisonnable chaque WE et espérer rentrer en un seul morceau à la maison.

Si on veut bien l’admettre, l’extrême est un terme qui fascine, qui stimule, qui fait du buzz facile, qui générère de l’audience sur You Tube. Si une discipline est qualifiée d’extrême, ce « label » flatte l’égo d’une partie de ceux qui la pratiquent.

C’est pourtant un mot à double tranchant et un vrai piège marketing, car c’est un terme fédérateur pour une minorité, excluant pour une majorité

Prenons l’exemple du kitesurf. Il n’est pas systématiquement considéré comme un sport extrême, pas forcément qualifié ainsi mais il est perçu comme un sport radical, voire comme un sport à risque. Là aussi, le piège est sous-jacent. Une partie des pratiquants, inconsciemment ou non, est fière de maîtriser un sport engagé. C’est un sentiment humain. Le rider se dit : « Je peux », c’est valorisant. L’ensemble des acteurs économiques et en particulier les marques basent leur communication sur  des images radicales, majoritairement du freestyle pour le kite, bien qu’on observe un net retour de la navigation dans les vagues. C’est naturel, l’ADN ce ce genre d’activité est là, on ne fait pas du kitesurf pour les mêmes raisons qu’on décide de se consacrer à la randonnée où à la pétanque mais cette façon de procéder assez monolithique a ses défauts. Ce qu’on projette de la pratique l’enferme dans un format assez élitiste. C’est clivant et une partie non négligeable d’un public qui aurait été potentiellement intéressé n’essaiera même pas.

Le kitesurf est sans doute un des plus beau moyen d’aller sur l’eau. Un des plus simple, un des plus épuré, le plus symbolique sans doute. Il peut se pratiquer dès 10/12 noeuds (moins avec un foil mais la pratique est encore confidentielle est très technique) et jusqu’à 20 noeuds, les risques sont inexistants. Les marques communiquent très peu dans cette direction, les magazines spécialisés (comprenez les journalistes) sont bien trop occupés à bien montrer qu’ils sont dans le coup, dans la mouvance hardcore, car dans ce genre de microcosme la « posture » est importante.

Cette vidéo de la marque Cabrinha montre une autre image du kitesurf. Ni liée au haut niveau, ni lié à la compétition. Il n’y est question que de plaisir d’être sur l’eau. Elle va dans le même sens que le petit film produit par Naish sur les Old Guys….

Le kitesurf peut-être un sport extrême, il ne l’est pas nécessairement. Tel est le message

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